Urgentiste : "Mon métier n’est pas compatible avec le Front national"

03/05/2017 Par Fanny Napolier

Dans un billet de blog publié ce dimanche, le Dr Mathias Wargon, chef du service des urgences de Bry-sur-Marne explique pourquoi il redoute, en tant qu'urgentiste, l'élection de la candidate du Front national.

"Je pourrais vous en faire des tonnes sur le programme du Front national (…) Ce qui m’angoisse aujourd’hui c’est de me dire qu’un gouvernement pourrait complètement pervertir ce métier auquel je crois", écrit le Dr Mathias Wargon dans un billet publié dimanche dernier sur son blog, Saturation des urgences. "Nous recevons quotidiennement tous nos patients, français ou étrangers, quels que soient leur couleur de peau, leur sexe, leur genre. Et même si ça ne se fait pas parfois sans apriori (car nous ne sommes pas des âmes éthérées et que nous avons tous nos vies, nos sensibilités), ce n’est jamais remis en cause. Parfois, nos patients n’ont pas de papiers, pas de couverture sociale et de façon certainement irresponsable sur le plan financier, ce n’est jamais un problème dans l’urgence. C’est notre fierté", écrit l'urgentiste. "Je reçois de temps en temps des réquisitions auxquelles le code de déontologie m’interdit de répondre, heureusement, ajoute le Dr Wargon au sujet de ses relations avec la police. (…) Le procureur m’a appelé car j’avais interrompu un interrogatoire, on m’a demandé quelquefois la pathologie d’un patient. A chaque fois, j’ai pu dire non, mi goguenard, mi inquiet quand même. Qu’en sera-t-il demain ?" "Et que dire des personnels. Les médecins bien sûr dont beaucoup sont d’origine étrangère. (…) Ces médecins qui se dévouent quotidiennement, quelle sera leur vie ? Et quelle sera celle des urgences quand ils seront partis ou qu’on les aura fait fuir ? Les paramédicaux, infirmières et aides-soignants, et les autres ASH (femmes de ménages), brancardiers, mal payés, souvent méprisés par les patients. (…) Demain, acceptera-t-on que par leur couleur de peau ou leur religion, ils soient des citoyens de deuxième zone ?" Et le chef des urgences, après avoir dressé un portrait de son quotidien, de conclure : "Alors non, mon métier n’est pas compatible avec l’élection d’une candidate des extrêmes." Le billet est à lire en intégralité sur Saturation des urgences.

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