Une certification des SAMU : l'idée de Buzyn pour améliorer les urgences

22/05/2018 Par Fanny Napolier
Politique de santé

Soumettre la régulation médicale des urgences à une "forme de certification". C'est la proposition qu'a faite Agnès Buzyn, ce vendredi.

"Il y a aujourd'hui beaucoup d'affaires qui remontent : des affaires aux urgences, des affaires liées au Samu et des affaires liées à la prise en charge des pompiers, aussi soumis à la même pression et au même risque", a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn devant la presse, à l'issue d'une visite du centre de régulation du Samu du Val-de-Marne, à Créteil.   Assurance qualité   Constatant ces "affaires", Agnès Buzyn a estimé que les Samu avaient "une marge d'amélioration de leurs pratiques", et notamment "une harmonisation des procédures, une meilleure formation des personnes qui répondent au téléphone" et une "assurance qualité" à mettre en place. Ces sujets sont d'ailleurs au menu de la réflexion demandée aux urgentistes, qui doivent remettre un rapport à la ministre d'ici le 1er juillet. "Très peu de Samu ont une assurance qualité, or c'est une activité profondément à risque (...) donc elle doit être soumise à une forme d'accréditation, de certification" et "il faudra que ce soit très rapidement mis en place", dès cet été, a-t-elle poursuivi. "Aujourd'hui, effectivement, les urgences sont surchargées (...) On peut dire qu'il faut plus de médecins urgentistes et plus de personnel, mais la réalité n'est pas celle-là", a tranché Mme Buzyn, faisant valoir que "les urgentistes disent que 70 à 80% des urgences qui arrivent à l'hôpital ne sont pas des urgences, ce sont des gens qui cherchent un médecin". Il faut donc "veiller à ce que les urgences restent centralisées sur leur mission principale", les "urgences vitales", a-t-elle insisté.   De la com   Une certification rapidement décriée sur les réseaux sociaux. "Le problème quand tu dis n'importe quoi sous la pression médiatique, c'est qu'il faut assumer la suite. Si un SAMU n'est pas certifié… On le ferme ?", s'interroge par exemple sur Twitter le neurologue Qffwffq. "C'est de la com. Une réaction à chaud. Elle est obligée de réagir de par sa fonction. Après ce n'est que du vent, beaucoup de papiers, beaucoup d'administratif à venir pour les urgentistes…" a pour sa part commenté Nicodoc. D'autres enfin, redoutent que cette certification ne conduise à la fermeture de certains services. "C'est un moyen utilisé pour fermer. Des regroupements de SAMU existent déjà, d'autres sont dans les tuyaux", rappelle le Dr Fabrice Venier. [Avec AFP]

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