"C'est ça la réalité des hôpitaux" : la colère de Véran face aux députés qui limitent la durée de l’état d’urgence [VIDÉO] 

04/11/2020 Par Marion Jort

Les députés de l’opposition ont voté la prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 14 décembre prochain, au lieu de mi-février comme espéré par le Gouvernement. Cette décision a provoqué la colère du ministre de la Santé.  

Surprise dans l'hémicycle. Cette nuit, les députés ont débattu sur la prolongation de l’état d’urgence sanitaire… Mais les élus de la majorité étant trop peu nombreux, les oppositions ont fait voter cette prolongation jusqu’au 14 décembre, contre le 16 février comme demandé par le Gouvernement.  

Les députés ont invoqué les vacances de Noël comme motif de leur décision. D'autres groupes politiques avaient estimé le mois de février trop lointain. Mais ils ne se sont pas arrêtés là. Dans la foulée, un second amendement prévoyant qu’une prolongation éventuelle du confinement au-delà du 30 novembre ne puisse se faire qu’après accord du Parlement a été adopté.  

Furieux, le ministre de la Santé, rentrant tout juste d’un déplacement dans un service de réanimation du Centre hospitalier Sud Francilien de Corbeil-Essonnes s’est rendu à l’Assemblée nationale. “À l'hôpital de Corbeil-Essonnes, dans le service de réanimation, j'ai rencontré des soignants qui étaient déjà présents lors de la première vague, qui ont tout donné au printemps dernier et qui étaient fiers d'avoir sauvé des vies. Ils m'ont raconté comment ils étaient passés de 40 à près de 80 lits de réanimation et de soins intensifs pour pouvoir sauver le maximum de malades”, a lancé le ministre au pupitre dans le brouhaha de l'hémicycle.

Visiblement très agacé, il poursuit : “Je suis rentré dans deux chambres dans ce service de réanimation. Dans la première chambre, il y avait un jeune homme de 28 ans dans le coma, intubé, ventilé, avec pas loin de dix pousses-seringues pour pouvoir l’alimenter et lui fournir les médicaments nécessaires pour le maintenir en vie. Dans la deuxième chambre il y avait un homme en surpoids âgé de 35 ans”, avant d’être interrompu par des cris dans l’Assemblée. 

“C’est ça la réalité dans nos hôpitaux messieurs et mesdames les députés”, a affirmé Olivier Véran. Puis, il s’emporte en criant : “Si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici. Elle est là la réalité des hôpitaux. Vous êtes en train de débattre d’un sujet alors que nos soignants se battent pour sauver des vies de cette manière-là dans nos hôpitaux.” A la fin de son discours, les députés marcheurs se sont levés et ont chaudement applaudi le ministre, qui a quitté le pupitre, l’air grave. 

[avec le Figaro

Faut-il réformer l'Ordre des médecins ?

MICHEL BANVILLET

MICHEL BANVILLET

Oui

À notre époque, la notion d'éthique a disparue de notre société. Faire confiance a des pairs, c'est favoriser les petits arrangeme... Lire plus

8 débatteurs en ligne8 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Décryptage Déontologie
Dépassements d’honoraires des médecins : "le tact et la mesure" à l’épreuve des abus
05/02/2026
29
Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
7
Concours pluripro
Maisons de santé
Arrêt brutal d'une expérimentation finançant 26 maisons et centres de santé qui luttent contre les inégalités...
04/02/2026
2
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
31
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2