Image générée par IA

Image générée par IA

Le nombre de vasectomies multiplié par 12 en dix ans

12/09/2022 Par Louise Claereboudt
Image générée par IA

Image générée par IA

D’après les derniers chiffres de l’Assurance maladie, le nombre de vasectomies remboursées en France est passé de 1.908 en 2010 à 23.306 en 2021. Le nombre de ligatures de trompes a quant à lui considérablement chuté.  

 

23.306. C’est le nombre de vasectomies remboursées en 2021, d’après les derniers chiffres de l’Assurance maladie. C’est 12 fois plus qu’en 2010, année durant laquelle 1.908 vasectomies seulement avaient été remboursées. De plus en plus de Français ont ainsi recours à cette méthode de stérilisation masculine, qui n’est légale dans le pays que depuis 2001. 

"La vasectomie a été multipliée par dix en dix ans, les chiffres restent faibles car on part de très loin, mais clairement ça explose", assure l'urologue Vincent Hupertan. "En septembre 2016, je pratiquais trois vasectomies par mois, là je suis à 35, au maximum de mes capacités", ajoute ce chirurgien spécialiste de la vasectomie "sans bistouri" ou "sans scalpel", qui limite les risques chirurgicaux. 

Si elle reste encore méconnue en France, la méthode tend à être de plus en plus plébiscitée au regard de la demande.  

"Les premières années suivant la légalisation, la demande était très faible, à cause de préjugés dans la population, de manque d'informations et de difficultés d'accès", raconte Elodie Serna, docteure en histoire et auteure de l'essai Opération vasectomie. Mais "depuis 2011-2012, les choses ont changé en partie à cause de la ‘crise de la pilule’, qui a fait réagir sur les usages des hormones". L’historienne explique que c’est à ce moment-là que des collectifs se sont remobilisés sur le sujet de la contraception masculine.

La vasectomie, difficilement réversible, se heurte toutefois à de nombreux freins, à commencer par "la peur", avance le Dr Antoine Faix, membre de l'Association française d'urologie. "Persistent aussi tout un tas de tabous concernant la virilité, d'idées reçues autour des conséquences potentielles qu'aurait l'opération sur l'érection ou le plaisir." 

Enfin, indique le Dr Hupertan, la vasectomie "n’est pas un acte rentable". La ligature des trompes est quatre fois mieux rémunérée pour le praticien. Le spécialiste l’assure cependant, "une révolution est en marche". D’après les chiffres de l’Assurance maladie, a contrario, le nombre de ligatures des trompes, lui, a chuté en plus de dix, passant de 31.473 en 2010 à 21.490 en 2021. 

[avec AFP]

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Non

Supprimer le remboursement des spécialités à SMR faible est une fausse bonne idée. D'une part parce que le coût pour la sécu est... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
55
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3