Une supplémentation iodée chez les femmes enceintes ayant une carence iodée modérée n’a pas d’effet sur le développement cérébral évalué à l’âge de 5-6 ans

01/11/2017 Par Pr Philippe Chanson
Gynécologie-Obstétrique

La carence en iode au cours de la grossesse pourrait être associée à une diminution du quotient intellectuel chez les enfants. Dans cette étude internationale, les effets sur le développement neurologique d’une supplémentation en iode de femmes enceintes modérément carencées ont été évalués chez leurs enfants et cela dans des zones où les enfants d’âge scolaire n’avaient pas de carence iodée.

L’étude randomisée, en double insu versus placebo, a été menée en Inde à Bangalore et en Thaïlande à Bangkok. Les femmes ont reçu tous les jours soit 200 µg d’iode par voie orale, soit du placebo, et cela jusqu’à l’accouchement. Les critères d’évaluation principaux étaient le QI verbal et de performance et un score exécutif global composite lorsque les enfants atteignaient l’âge de 5-6 ans. Entre novembre 2008 et mars 2011, 832 femmes ont été incluses à un âge gestationnel moyen de 10.7 ± 2.7 semaines. L’iodurie médiane était de 131 µg/l (intervalle interquartile = 81-231). L’observance moyenne de la supplémentation en iode était de 87 % (évaluée par le compte mensuel des comprimés). Au total, ce sont 313 enfants (159 du groupe supplémentation iodée et 154 du groupe placebo) qui ont été analysés pour le QI verbal et de performance et 315 enfants du groupe supplémentation iodée et 156 du groupe placebo ont été évalués pour la fonction globale exécutive avec la méthode BRIEF-P. Les scores moyens de QI verbal étaient de 89.5 ± 9.8 dans le groupe supplémentation iodée et de 90.2 ± 9.8 dans le groupe placebo (différence = -0.7 ; -2.9 à +1.5, p = 0.77). Le QI de performance était de 97.5 ± 12.5 dans le groupe supplémentation iodée et de 99.1 ± 13.4 dans le groupe placebo (différence = -1.6 ; -4.5 à + 1.3, p = 0.44). Le score composite exécutif global était de 90.6 ± 26.2 dans le groupe supplémentation iodée et de 91.5 ± 27 dans le groupe placebo, donnant une différence de -0.9 ; -6.8 à 5, p = 0.74. La fréquence des effets secondaires entre les groupes aussi bien pendant la grossesse qu’au moment de l’accouchement n’était pas différente avec 24 femmes du groupe supplémentation iodée et 28 du groupe placebo. En conclusion, une supplémentation iodée quotidienne chez les femmes enceintes ayant une carence iodée modérée n’a pas d’effet sur le développement cérébral évalué à l’âge de 5-6 ans.

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Patrick Tafani

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Oui,3 fois oui. ils sont inutiles et nocifs pour la bonne marche de la pratique médicale de terrain......on la vu pour la covid. ... Lire plus

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