Une immunothérapie, notamment pour mélanome métastatique, peut induire une pathologie endocrinienne secondaire

06/02/2018 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme

Les événements secondaires endocriniens d’origine auto-immune augmentent avec l’utilisation des immunothérapies dans le traitement des mélanomes métastatiques et d’autres cancers. Des recommandations ont été faites mais il est important de les confirmer par des séries de patients surveillés sur le plan endocrinien.

C’est ce que propose cette publication du European Journal of Endocrinolgy dans le cadre d’une étude prospective conduite à l’Institut du Mélanome d’Australie, entre 2014 et 2015, portant sur un total de 177 patients qui ont été traités par anti-CTLA4 (ipilimumab), anti-PD1 (nivolumab ou penbrolizumab) ou par une combinaison des deux classes thérapeutiques. Ces patients ont été systématiquement évalués et pris en charge pour les endocrinopathies observées. Un total de 31 patients, soit 18 %, ont développé une pathologie auto-immune endocrinienne (thyroïdienne dans 14 %, hypophysaire dans 6 % et diabète auto-immun dans 0.6 % des cas). Le traitement par immunothérapie combinée anti-PD1 + anti-CTLA4 était plus souvent à l’origine d’une endocrinopathie, que celle-ci soit unique (27% vs 9 % en cas de monothérapie par anti-PD1 seul) ou multiple (7 % vs 0 % en cas de monothérapie par anti-PD1 seul, p < 0.01). Les endocrinopathies pouvaient survenir après une médiane de 8 semaines à partir du début du traitement (de 12 à 225 jours) sous traitement combiné, ce qui était significativement plus précoce que sous ipilimumab seul (médiane 30 vs 76 jours, p = 0.046). La majorité des pathologies endocriniennes étaient trouvées chez des patients asymptomatiques sur la base de dosages hormonaux systématiques. Il n’y avait aucun prédicteur de la survenue d’une endocrinopathie. En conclusion, l’immunothérapie combinée par anti-CTLA4 + anti-PD1 a un risque supérieur de développement d’une endocrinopathie en comparaison d’une monothérapie par anti-PD1 seule. Le meilleur moyen de les dépister est de faire des dosages hormonaux puisque ceux-ci sont perturbés dès les 12 premières semaines, avant que surviennent des symptômes et une éventuelle morbidité. 

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