Un diabétique avec hypertriglycéridémie résiduelle sous statines garde un risque cardiovasculaire majoré

31/12/2019 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie Endocrinologie-Métabolisme
L'hypertriglycéridémie (HTG) est fréquente chez les patients diabétiques. Or, même si le traitement par statines reste le traitement de première intention des dyslipidémies, un certain nombre de patients gardent des triglycérides élevés sous statines, sans qu’on en sache bien la prévalence et le risque cardiovasculaire associés.

C’est ce qu’a tenté de déterminer une équipe américaine auprès d’une population de 1 448 adultes américains âgés de plus de 20 ans atteints de diabète (représentatifs de 24,4 millions de diabétiques) étudiés dans l'Enquête Nationale sur la Santé et la Nutrition (NHANES) 2007-2014. La prévalence de l’hypertriglycéridémie limite (triglycérides entre 1,50 et 2g/L) et de l’hypertriglycéridémie franche (TG >2 g/L) a été mesurée en fonction de l’utilisation de statines et de la concentration de LDL-cholestérol (LDL-C), et une régression logistique a permis d’identifier les facteurs de risque d’HTG ainsi que le risque cardiovasculaire à 10 ans chez ceux qui n’avaient pas de pathologie cardiovasculaire au départ. La prévalence de l’HTG franche est de 20,0% et celle l’HTG limite de 19,5% chez les utilisateurs de statines ; chez les non-utilisateurs de statines, elle est respectivement de 20,1% et de 25,3% (P <0,0001). Même parmi les utilisateurs de statines dont le LDL-C est <0,70 g/L, la prévalence de l’HTG limite est de 16,8% et celle de l’HTG franche est de 16,7%. Environ 77,5% des personnes atteintes d’HTG ont un risque cardiovasculaire estimé à 10 ans ≥7,5%, et près de 40% des utilisateurs de statines ont un risque cardiovasculaire ≥ 20%. En conclusion, une hypertriglycéridémie résiduelle est observée chez plus d'un cinquième (∼5,5 millions) des adultes américains atteints de diabète, y compris ceux dont le LDL-C est bien contrôlé sous traitement par statines. Plus des trois quarts des adultes diabétiques avec hypertriglycéridémie présentent un risque cardiovasculaire modéré ou élevé à 10 ans.

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