Les inhibiteurs de SGLT2 ont un effet cardiaque bénéfique, et pas que pour les diabétiques

27/04/2020 Par Pr Philippe Chanson
Cardio-vasculaire HTA Endocrinologie-Métabolisme
Les inhibiteurs de SGLT2, ces médicaments capables d’induire une glycosurie et de faire baisser la glycémie, sont utilisés dans le traitement du diabète depuis plusieurs années, partout dans le monde.

La dapagliflozine est le premier médicament de cette classe, disponible en France depuis le 1er avril 2020. On sait que ces médicaments non seulement sont efficaces sur le contrôle de la glycémie mais également sur le plan cardiaque, avec en particulier des effets sur l’insuffisance cardiaque. Afin d’évaluer les effets de la dapagliflozine chez les patients ayant une insuffisance cardiaque systolique, ayant ou non un diabète, les résultats d’un essai de phase 3, randomisé, conduit dans 410 sites de 20 pays, ont été analysés. Il s’agissait de patients ayant une insuffisance cardiaque de stade II à IV de la classification NYHA avec une fraction d’éjection ≤ 40 % et une augmentation du pro-BNP. Ces patients ont reçu soit 10 mg de dapagliflozine une fois par jour, soit du placebo. Sur 4 744 patients randomisés, d’âge moyen 66 ans dont 23 % étaient des femmes et dont 55 % n’avaient pas de diabète, 4 742 ont fini l’étude. Chez les participants qui n’avaient pas de diabète, le critère d’évaluation principal, un critère composite (épisode d’aggravation de l’insuffisance cardiaque ou décès cardiovasculaire), est survenu chez 171 des 1 298 patients du groupe dapagliflozine (13.2 %) et chez 231 des 1 307 patients du groupe placebo (17.7 %), donnant un hazard ratio de 0.73 (IC 95 % = 0.6 – 0.88). Chez les patients diabétiques, le critère d’évaluation principal est survenu chez 215 des 1 705 patients du groupe dapagliflozine (20 %) et chez 271 des 1 064 patients du groupe placebo (25.5 %), donnant un hazard ratio de 0.75 (0.63 – 0.90). Chez les patients sans diabète mais dont l’hémoglobine glyquée était < 5.7 %, le critère d’évaluation principal est survenu chez 53 des 438 patients (12.1 %) du groupe dapagliflozine et chez 71 des 419 patients du groupe placebo (16.9 %), donnant un hazard ratio de 0.67 (0.47 – 0.96). Chez les patients dont l’hémoglobine glyquée était ≥ 5.7 %, le critère d’évaluation principal est survenu chez 118 des 860 patients, soit 13.7 % du groupe dapagliflozine, et 160 des 888 (soit 18 %) des patients du groupe placebo, donnant un hazard ratio de 0.74 (0.59 – 0.94). Une déplétion volumique a été rapportée comme un effet secondaire chez 7.3 % des patients du groupe dapagliflozine et 6.1 % des patients du groupe placebo chez les patients sans diabète et 7.8 % des patients du groupe dapagliflozine et 7.8 % des patients du groupe placebo chez les patients diabétiques. Un effet secondaire rénal a été rapporté chez 4.8 % des patients du groupe dapagliflozine et 6 % des patients du groupe placebo chez les patients sans diabète et 8.5 % des patients du groupe dapagliflozine et 8.7 % des patients du groupe placebo chez les patients diabétiques. En conclusion, dans cette analyse exploratoire de l’essai randomisé des patients ayant une insuffisance cardiaque systolique, la dapagliflozine, en comparaison du placebo, lorsqu’elle est ajoutée au traitement habituel, réduit de manière significative le risque d’aggravation de l’insuffisance cardiaque ou de décès cardiovasculaire et cela indépendamment du statut diabétique.

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