Des applis qualitativement insuffisantes pour l’autocontrôle glycémique chez les diabétiques de type 2

02/05/2019 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie
En 2018, on estimait que 7.8 % des diabétiques qui possédaient un smartphone utilisaient une appli pour diabétiques afin de les aider dans l’autocontrôle de leur maladie. Une méta-analyse a montré que l’utilisation d’une appli de ce type était associée à une réduction de 0.5 % de l’hémoglobine A1c. Le JAMA publie une lettre de recherche qui s’est intéressée aux principales applis utilisées dans ce domaine.

Sur 5 184 applis potentielles, 371 (198 sous androïde et 173 sous iOS) correspondaient aux critères d’inclusion. La glycémie pouvait être enregistrée dans toutes les applis. Une option de cible glycémique était disponible dans 37 %, des alarmes pour mesurer la glycémie dans 27.8 % et l’enregistrement de l’hémoglobine glyquée dans 28.6 % des applis. Les utilisateurs avaient une alarme pour les hypo ou les hyperglycémies dans 58.8 % des cas via un message explicite d’incitation à agir ou une modification de la couleur. Les applis suggéraient des actions à entreprendre comme la prise de nourriture, d’un jus de fruits ou de sucre ou de consulter un médecin ou de remesurer la glycémie. En cas d’hyperglycémie, les utilisateurs devaient vérifier les corps cétoniques, consulter un médecin ou surveiller de manière plus précise ou utiliser de l’insuline corrective. En conclusion de cette enquête, la majorité des applis pour le diabète n’apportent pas réellement de soutien en termes de décision en temps réel ou d’éducation spécifique dans certaines situations pour l’autocontrôle du diabète. Seules 20.7 % ont des alarmes explicites pour les hypoglycémies et 15.3% pour les hyperglycémies. Il faut remarquer que dans la plupart des applis, des valeurs consécutives basses ou élevées de glycémies ne déclenchent pas une série d’alertes qui pourraient prévenir les hypoglycémies ou les hyperglycémies sévères. En conclusion, cette étude montre l’immaturité des applis proposées pour le diabète et les occasions manquées pour améliorer la prise en charge des patients. Des mécanismes d’assurance qualité comme la certification des applis sont donc nécessaires pour améliorer cette aide potentielle à la prise en charge du diabète.

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Non

Supprimer le remboursement des spécialités à SMR faible est une fausse bonne idée. D'une part parce que le coût pour la sécu est... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
55
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3