"Vous les externes, vous êtes des chiennes" : enquête sur la face cachée des études de médecine | egora.fr
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"Vous les externes, vous êtes des chiennes" : enquête sur la face cachée des études de médecine

sexuel. “Le chef de clinique m'a demandé ce que je voulais faire comme spécialité et je lui ai répondu que je voulais faire la même chose que lui (chirurgie ortho), et là devant son interne il m'a répondu : 'Tu sais quand il (en désignant son interne) sera chef de clinique tu commenceras ton internat, tu seras donc son interne, et moi je serai ton chef, il faudra que tu te mettes à genoux et que tu nous suces la bite'", témoigne par exemple une étudiante.  

“C’est effrayant de se dire que tout cela est commis par des supérieurs hiérarchiques, des médecins, des futurs confrères, des personnes qui nous encadrent en stage. Ça fait peur de se dire que des médecins puissent tenir ce genre de propos, puissent agir ainsi”, appuie Morgane Gode-Henric, qui tient à préciser que les femmes ne sont malheureusement pas les seules à être victime de ces agressions.  

"Une amie m'a rapporté qu'une fois une de ses potes est rentrée dans une salle de bloc et a demandé si on pouvait l'habiller (en stérile). Le chirurgien qui opérait lui a répondu : ‘bien sûr, même si on aurait préféré te déshabiller’"

Dans cette enquête, il y a aussi des chiffres qui parlent malgré eux : ainsi, sur les 4.500 étudiants ayant répondu au questionnaire, seuls trois ont confié avoir été victime de viol à l’hôpital, deux hommes et une femme. 18 ont aussi déclaré avoir eu connaissance de situations de viols sur leurs collègues en milieu hospitalier. “C’est la loi de l’omerta à l’hôpital qui règne, avec une énorme peur des représailles”, juge la présidente de l’Anemf. “Les étudiants ont cette peur bleue d’être reconnu car l'hôpital est un milieu fermé, tout se sait très rapidement. C’est déroutant de se dire qu’ils vont avoir peur de le dire, de répondre au sondage”, poursuit-elle.  

 

Esprit carabin peu remis en question 

Malheureusement, ce phénomène n’a pas été constaté uniquement entre les murs de l’hôpital. Au sein de la vie universitaire également, 16% des carabins ont subi des gestes déplacés, la grande majorité (88%) de ces agressions ayant lieu lors d’événements tels que des soirées, galas, week-ends. L’Anemf révèle aussi que si 41% des étudiants ont confié avoir subi ces agressions une fois, 57% en ont été victimes à plusieurs reprises. Dans plus de 9 cas sur 10, ce sont des étudiants qui en agressent d’autres. Mais les agresseurs sont aussi des enseignants, membres de la faculté ou de...

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