Réforme des études de médecine : "la seconde chance n'est-elle pas illusoire?" | egora.fr
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Réforme des études de médecine : "la seconde chance n'est-elle pas illusoire?"

Une quarantaine de parlementaires ont adressé un courrier à la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, dénonçant une réforme dont "la mise en application actuelle ne permet pas d'atteindre ses objectifs".

 

La détresse des étudiants de Pass et de LAS semble avoir été entendue. Une quarantaine de députés et de sénateurs de tous bords ont écrit lundi 15 février à la ministre de l'Enseignement supérieur pour dénoncer les failles de la réforme du premier cycles des études de santé. Une réforme qui avait pour but "d'augmenter et diversifier les étudiants entrant dans ces filières", de diminuer "l'échec" et la "charge psychologique infligée aux étudiants au cours de la première année" et d'harmoniser les maquettes avec celles des autres cursus, rappellent-ils. Or, "après avoir rencontré les différentes parties, on ne peut et en toute bonne foi, que constater que la mise en application actuelle de cette réforme ne permet pas d'atteindre ces objectifs", soulignent les signataires.

Ils relèvent notamment que le nombre de places ouvertes en Pass et en LAS, "loin d'être augmenté, est au contraire diminué" en raison des places réservées aux Paces redoublants, et que le numerus apertus n'est que de 10%, comparé aux 20% du numerus clausus. Les 90% d'étudiants qui seront recalés, et ne pourront pas redoubler, devront intégrer une deuxième année de licence (L2) dans une matière mineure "qu'ils auront, pour la plupart, choisie par défaut" et pour laquelle ils n'auront eu que "que trois mois de formation en autonomie sans cours, ni TD, ni accompagnement pédagogique". "Leur chance, et le mot chance prend malheureusement tout son sens, de succès sera de toute évidence faible", déplorent les signataires.

Pour les parlementaires, la "seconde chance" d'accès aux études médicales promise par cette voie alternative est "illusoire dans la mesure où les étudiants n'auront pas accès, au cours de leur année de L2, aux matières médicales".

Ces députés et sénateurs proposent à Frédérique Vidal des "améliorations" à mettre en œuvre sans délai : une augmentation significative du numerus apertus, comme à La Sorbonne (+47%), avec davantage de stages hors CHU pour résoudre le problème du manque de terrains de stage ; la non-prise en compte des notes des matières mineures dans les classements et l'autorisation de redoublement dans les mêmes conditions que les autres filières, avec accès aux matières médicales.

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