Dominique Le Guludec : "L'année de la mise en place du numerus clausus, ça a été la lutte"

11/09/2018 Par Pr Dominique Le Guludec

"J'ai passé ma première année en 1971-1972, l'année de la mise en place du numerus clausus et du concours. Mais j'en garde plutôt des bons souvenirs. Je m'étais inscrite à Necker-Enfants malades : la première année se passait à Descartes, rue de l'Ecole de médecine à Paris mais la section scientifique (CPEBH) avait des cours au campus d'Orsay au premier semestre. La fac d'Orsay, c'est assez merveilleux. Un cadre magnifique : c'est très grand, il y a des routes… J'ai un bon souvenir là-bas : j'ai appris à conduire. Tous les copains étaient derrière moi, on a eu des sacrés fous rires. Ensuite, retour à Descartes. Là, ça a été la lutte. On s'était inscrit en médecine alors qu'il n'y avait pas de numerus clausus. Certaines facs un peu élitistes, comme Necker, faisaient des pré-sélections sur dossier. Quand on a découvert le numerus clausus en cours d'année, ça a fait un choc. Dans certaines facs - comme à Necker, il y a eu des reçus-collés au concours, avec 12-13 de moyenne. Alors que d'autres facs n'avaient pas rempli leur quota. Ça a été la levée de boucliers chez les syndicats étudiants. On a beaucoup manifesté pour qu'il y ait des mesures transitoires : les reçus-collés ont pu être répartis dans les autres facs. Après ça, l'étau s'est resserré d'année en année… C'était très sympa, très solidaire. Ce n'était pas du tout une ambiance concours. A l'époque, c'était encore des énormes amphis. Quand on arrivait du lycée, c'était impressionnant. Il y avait encore des dissections sur cadavre, dès la première année. Il y en avait qui ne supportaient pas du tout, alors on signait pour eux. Le contact avec les corps sans vie, l'odeur du formol… j'en garde un souvenir très impressionnant. En 71, il n'y avait pas encore beaucoup de femmes dans les hôpitaux mais il y avait déjà pas mal de jeunes filles à la fac, j'avais des copines. Je suis passée du 1er coup, j'étais une bonne élève comme on dit. C'était les débuts d'une belle aventure, que je n'ai jamais regrettée tellement c'est un métier passionnant."

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

5 débatteurs en ligne5 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2