Ouverture du congrès de l'Isnar-IMG, jeudi 22 janvier 2026 à Dijon. Atika Boktari, présidente, et Johanna Trovatello, chargée de mission congrès, prononcent un discours. Crédit : Chloé Subileau
Congrès des internes de médecine générale : "Vous êtes la génération qui refuse de sacrifier sa vie personnelle pour prouver son engagement"
A l'occasion de l'ouverture du 26e congrès de l'Isnar-IMG ce jeudi à Dijon, les internes de médecine générale ont assuré qu'ils ne comptaient pas baisser les bras face aux attaques contre la profession. Une position soutenue par le président de l'Ordre départemental des médecins de Côte-d'Or, pour qui les combats portés par ces futurs soignants sont "légitimes".
Ouverture du congrès de l'Isnar-IMG, jeudi 22 janvier 2026 à Dijon. Atika Boktari, présidente, et Johanna Trovatello, chargée de mission congrès, prononcent un discours. Crédit : Chloé Subileau
C'est un discours de combat qu'ont tenu à porter les internes de médecine générale, à l'occasion de l'ouverture du 26e congrès de l'Isnar-IMG ce jeudi. Les futurs généralistes "sont depuis quelques années sur le devant de la scène politique, présentés comme des boucs émissaires, responsables et redevables d'un accès aux soins détérioré de nos patients", a lancé Atika Bokhari, présidente du syndicat, devant un amphithéâtre comble.
Pendant deux jours, près de 800 internes de médecine générale sont attendus au palais des congrès de Dijon, pour échanger sur la thématique "Demain se soigne aujourd'hui". "Nous nous voyons imposés des contraintes dans nos libertés de prescription, d'exercice. Nous nous faisons submerger par des nouveaux outils, tels que l'IA. Mais nous avons décidé de nous saisir de ces sujets, de les faire nôtres et d'écrire notre avenir", a ajouté Johanna Trovatello, chargée de mission congrès pour l'Isnar-MG.
Budget de la Sécurité sociale pour 2026, quatrième année d'internat, menaces de coercition, territorialisation de l'internat… Les sujets contre lesquels se sont mobilisés les internes ces derniers mois sont nombreux. Un engagement salué ce jeudi par le président de l'Ordre départemental des médecins de Côte-d'Or, le Dr Romain Thevenoud. "Choisir la médecine générale n'est pas un choix par défaut, c'est un choix de courage. Nous traversons une période de tensions majeures dans le monde de la santé, des tensions que vous vivez déjà parfois avant même d'avoir commencé pleinement à exercer", a-t-il lancé. Ces "tensions ont conduit à des mobilisations, des grèves, des alertes portées par vous, internes".
"Vous refusez une médecine où l'on soigne des tableaux Excel plutôt que des patients, et vous avez raison"
"Ces combats, je veux le dire clairement, ils sont légitimes", a affirmé le représentant ordinal. "Vous refusez une médecine comptable, vous refusez une médecine administrée, vous refusez une médecine où l'on soigne des tableaux Excel plutôt que des patients, et vous avez raison", a-t-il soutenu. "Ce que vous portez, c'est une autre vision : une médecine ancrée dans les territoires, du lien, du temps long… Vous êtes la génération qui refuse de sacrifier sa vie personnelle pour prouver son engagement. Ce refus n'est pas un renoncement, c'est une évolution nécessaire", a poursuivi le Dr Thevenoud.
Sur la quatrième année d'internat de médecine générale, dont les contours restent encore flous, le président de l'Ordre départemental a reconnu que cette réforme était "dans les faits, vécu par beaucoup comme une année floue, mal préparée et insuffisamment financée, porteur de contraintes nouvelles". "Vous ne refusez pas la formation, vous refusez l'improvisation", a tonné le président ordinal, s'adressant aux centaines d'internes assis face à lui. "Vous refusez une année supplémentaire pour colmater un système en tension."
En Bourgogne-Franche-Comté, l'accueil des futurs docteurs juniors de médecine générale semble toutefois se préparer. "Nous travaillons avec l'ARS et le conseil régional, qui est à même de dégager 15 000 euros par site pour aider à l'adaptation des bâtiments" des maitres de stage, a fait valoir l'une des vice-présidentes du conseil régional et conseillère à la ville de Dijon, Françoise Tenenbaum. "Nous sommes très vigilants là-dessus", a-t-elle tenté de rassurer.
S'opposant à "la contrainte", "la pression" et "la culpabilisation", le Dr Thevenoud a, de son côté, assurer aux internes que "la médecine générale de demain se construira avec vous ou ne se construira pas". La spécialité "ne manque pas de vocation, elle manque de considération. A vous d'en être l'avenir, à vous d'en être enfin l'auteur", a-t-il tonné, sous les applaudissements des congressistes.
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