Prison

Mort d'un détenu de 21 ans à Fleury-Mérogis : le médecin pénitentiaire relaxé

Ce praticien de 61 ans était jugé pour homicide involontaire après le décès d'un détenu survenu en 2018 suite à une hémorragie cérébrale. Il lui a été reproché de ne pas avoir ausculté le jeune homme. 

09/03/2026 Par Aveline Marques
Faits divers / Justice
Prison

Dans la nuit du 8 au 9 avril 2018, Jordan, 21 ans, est retrouvé mort dans sa cellule de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). En milieu d'après-midi, le jeune homme, incarcéré pour trafic de stupéfiants, avait été pris de maux de tête, de douleurs au ventre et de vomissements, relate Le Parisien. Ce n'est que 3 heures plus tard, vers 18 heures, que le détenu avait été extrait de sa cellule pour être conduit – en fauteuil roulant- à l'unité de soins, un délai justifié par "l'attente d'un regroupement de consultations". "Insconcient", "incohérent", "amorphe" selon des témoins, le détenu n'est pourtant pas ausculté par le médecin, qui pense à une gastro.

Jugé pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel d'Evry, le praticien, âgé de 61 ans, a pour sa part soutenu que le détenu avait refusé les soins proposés et qu'il n'avait pas pu poser un diagnostic. Il a également assuré qu'il n'avait pas été informé des maux de tête dont le jeune homme s'était plaint. Son avocate a rappelé que le praticien était "le seul médecin pour 5 000 détenus" le jour des faits, rapporte Le Parisien. "Il a fait de la régulation parce qu’il n’y a pas d’autre choix. C’est la triste réalité de nos maisons d’arrêt", a-t-elle plaidé.

Alors que le procureur de la République avait requis une peine de deux ans de prison et une interdiction d'exercice de cinq ans, le praticien a été relaxé vendredi 6 mars. Si les juges ont estimé que le médecin pénitentiaire avait commis "une faute caractérisée en n'auscultant pas la victime et une faute délibérée en violant ses obligations déontologiques", mais ont considéré "que le lien de causalité entre ces fautes et le décès n'était pas certain considérant qu'il n'est pas démontré qu'un diagnostic immédiat, une extraction vers un centre hospitalier et des soins adaptés auraient permis avec certitude d'éviter le décès", a expliqué le parquet à l'AFP.

A l'instar du ministère public, la famille du détenu a annoncé qu'elle allait faire appel de cette décision.

[avec Le Parisien et l'AFP]  

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3 débatteurs en ligne3 en ligne
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Michel Rivoal
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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
Il y a plusieurs choses qui m'agacent dans cet article. Pour commencer Egora, vous n'êtes pas obligé de prendre des tics de langage des personnes non informées. Vos écrivez dans un magasine lu par des personnes formées à la médecine et son vocabulaire. Quand un malade consulte ou à recours à des soins le médecin EXAMINE le malade et ne fait pas que l'ausculter. Donc SVP ne vous contentez pas de recopier l'article du Parisien qui aussi pourrait faire l'effort de savoir comment se fait un examen clinique. Ensuite que le tribunal ne trouve pas l'évidence d'un lien de cause à effet entre les insuffisances dans cet examen et autres retards et le décès, c'est une évidence compte tenu de la gravité habituelle de ce type d'accident. Pour autant, insuffisance il y a eu. Que cela reflète la charge de travail du médecin ou l'insuffisance de moyens mis à sa disposition ou encore sa volonté d'examiner ou son erreur diagnostique, oui il y a matière à porter plainte et/ou se pourvoir en appel. Cette affaire est loin d'être finie.
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Avocat Du Diable
4,2 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Je ne retiens que le délais d'instruction , 2018 - 2026 soit huit ans . Même s'il s'agit de faits marquants, comment rester objectif passé un tel délais et quelle souffrance anxieuse pendant huit ans pour les deux parties .
 
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