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Nouveau forfait médecin traitant, consultation longue, dotation numérique… Ce qui change au 1er janvier 2026

De nombreux changements et revalorisations, introduits par la convention médicale de 2024, interviendront en ce début d'année 2026. Refonte des rémunérations forfaitaires, mesures symboliques visant à valoriser la fonction de médecin traitant, hausses tarifaires pour les spécialités cliniques… Egora fait le point sur cette seconde vague conventionnelle, chiffrée à 350 millions.

18/12/2025 Par Aveline Marques
Rémunération
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Cette fois-ci, il n'est pas question de report. Outre les revalorisations tarifaires qui auraient dû entrer en vigueur le 1er juillet dernier, de nombreuses mesures issues de la convention médicale de 2024 s'appliqueront à compter du 1er janvier prochain. Pour l'Assurance maladie, elles représentent un coût de 350 millions d'euros en année pleine.

Du côté des généralistes, le nouveau forfait médecin traitant (FMT) va remplacer le forfait patientèle et la Rosp. Il est constitué d'un forfait "socle" rémunérant le suivi de chaque patient composant la patientèle du médecin au 31 décembre de l'année N-1, en fonction de sa complexité.

Source : convention de 2024

Des majorations sont mises en place pour tenir compte de la précarité de la patientèle (+10 euros pour les bénéficiaires de la C2S) et de l'exercice spécifique du médecin : le FMT est majoré de 10% pour les praticiens âgés 67 ans et plus et pour ceux exerçant en ZIP. Pour les primo-installés en ZIP, il est majoré de 50% la première année d’installation, et de 30% la seconde année.

Versée en année N en quatre parts égales (avril, juin, septembre et novembre), la partie socle du FMT représente une augmentation moyenne de 15 à 20% par rapport à l'actuel forfait patientèle, souligne l'Assurance maladie.

A ce "socle", s'ajoute une part "variable", qui vient rémunérer l'atteinte de 15 indicateurs de prévention pour les patients suivis : vaccinations, dépistages du cancer, dosage Hb1Ac, examens bucco-dentaires... Chaque indicateur validé, pour chaque patient, majore le forfait de 5 euros. Contrairement à la Rosp, qu'il remplace, ce forfait de prévention sera donc réservé aux médecins traitants.

Source : Cnam

La Cnam s'est engagée à mettre à disposition de ces derniers un tableau de bord "contenant les données individuelles de ses patients, lui permettant de suivre l’éligibilité et l’atteinte d’indicateurs de santé publique". Il ne sera cependant pas accessible dans l'immédiat, indique l'Assurance maladie à Egora. "On vise la fin du premier semestre 2026 pour mettre en ligne une première vague d'indicateurs sur Amelipro. C'est un énorme travail."

Cette partie prévention du FMT ne sera de toute façon versée qu'en 2027, rappelle la Cnam. En avril 2026, les médecins toucheront la dernière Rosp, au titre de l'année 2025. "L’ensemble de l’année est prise en compte pour l’atteinte de ces objectifs puisque nous regarderons la photo au 31 décembre 2026", précise l'Assurance maladie.

Au 1er janvier 2026, il sera mis un terme aux dispositifs d'aide à l'installation en ZIP qui avaient été mis en place par la convention de 2016, sous-utilisés. Seul le Coscom (contrat de stabilisation et de coordinations des médecins) est maintenu pour les praticiens qui en sont déjà adhérents. Ces contrats démographiques sont remplacés d'une part, par la majoration du FMT et d'autre part, par des aides à l'installation ponctuelles : 10 000 euros pour une primo-installation en ZIP, 5000 euros en ZAC, 3000 euros pour l'ouverture d'un cabinet secondaire en ZIP.

Le dispositif de "consultations avancées" entre également en vigueur. Pour les médecins installés en dehors des ZIP, ces "interventions ponctuelles" en zones sous-denses seront valorisées à hauteur de 200 € par demi-journée, dans la limite de 6 demi-journées par mois. Ce dispositif conventionnel, pensé pour les spécialistes, est indépendant de celui de la solidarité territoriale, ouvert pour l'heure aux seuls généralistes et rémunéré 200 euros par jour.

Les visites sont revalorisées dans le cadre des soins non programmés, avec la création d'une majoration pour visite rapide (MVR) de 10 euros, qui peut être facturée pour les déplacements à la demande du SAS effectués dans les 24 heures, et une augmentation de 6.5 euros pour les visites (régulées ou non) aux horaires de la PDSA.

Autre grande nouveauté pour les médecins traitants : l'introduction de la consultation longue à 60 euros pour les patients de plus de 80 ans. Elle pourra être facturée une fois par patient et par an, dans trois situations : consultation de sortie d'hospitalisation (dans les 45 jours), consultation de déprescription de patients hyperpolymédiqués (10 lignes de traitement) après bilan de médication réalisé par le pharmacien, consultation d'orientation vers un parcours médico-social (dossier MDPH, APA, ViaTrajectoire).

En complément des "primes" déjà introduites en 2025 (prise en charge des patients  AME, collaboration avec une IPA), deux autres "missions spécifiques" sont valorisées : l'encadrement des étudiants en médecine donne droit à une rémunération de 500 euros – 800 euros pour les MSU installés en ZIP- et la participation au SAS à une rémunération de 1000 euros, contre 1400 euros versés actuellement dans le cadre du forfait structure.

Ce dernier disparaît : sa partie numérique est remplacé par la "Donum" (dotation numérique), qui comporte deux indicateurs socles et trois indicateurs optionnels. "Le seul item en amélioration est l’usage de la messagerie sécurisée de santé des patients : un message par an c’est beaucoup plus facile à atteindre que les 10% du forfait structure actuel", commente Richard Talbot, de la FMF. Au maximum, les médecins pourront toucher 2940 euros, soit la moitié du forfait structure, relève le syndicat.

Source : Ameli

Le 1er janvier 2026 marque la deuxième étape des revalorisations, qui auraient initialement dû intervenir le 1er juillet dernier, pour les spécialités cliniques, notamment  les psychiatres (+2 euros pour la consultation de référence, +6 euros pour la majoration enfants et jeunes adultes), les gériatres (+5 euros pour la consultation de référence), les gynécologues médicaux (+3 euros pour la consultation de référence) ou encore les pédiatres. Ces derniers bénéficient d'une revalorisation de 5 euros pour les examens obligatoires de l'enfant jusqu'à deux ans, et de 6 euros pour les consultations avec certificat. Le rôle d’expertise de second recours des pédiatres est reconnu par la création d’une consultation de recours (CEP) valorisée à 60€, sur adressage écrit de la PMI, de la médecine scolaire, d'une sage-femme, d’un orthophoniste ou d’un orthoptiste.

Les actes techniques bénéficient d'une hausse tarifaire grâce à la seconde augmentation de la valeur du point travail à 0.47 euro, initialement prévue en juillet dernier. Mais le gros morceau est constitué par la revalorisation spécifique des actes de chirurgie et d'obstétrique via les augmentations des modificateurs K (+30%) et T (+21.5%).

Enfin, l'année 2026 doit marquer l'introduction du "bonus sobriété" (jusqu'à 1000 euros) visant à récompenser les médecins les plus vertueux en matière de prescriptions. Interrogée sur ce sujet, la Cnam annonce un premier versement en mai ou juin prochain. 

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Jean Denis MARZIN

Jean Denis MARZIN

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4 débatteurs en ligne4 en ligne
Photo de profil de CLAUDE LAMER
773 points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Stéphanie Rist et Thomas Fatôme avaient promis une simplification des process, des imprimés de toute sorte.....ça n'en prend pas le chemin. Les assurés connaisent ils toutes les informations lisibles sur leur carte vitale ? Le secret médical me semble "piétiné"......l'historique des remboursements (entre autres) est un "mouchard" extrémement "bavard". PS. On peut "critiquer" les IPP mais on ne voit plus ni hémorragies digestives, ni perforation d'ulcére. La prescription d'AINS est plus sécurisée chez certains patients.
Photo de profil de DELA LIE
1,8 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
"consultation de déprescription de patients hyperpolymédiqués (10 lignes de traitement) après bilan de médication réalisé par le pharmacien" Sérieux ? Je n'ai nul besoin du pharmacien pour retirer les IPP prescrit en systématique par les hôpitaux (svt à juste titre au vu du stress provoqué par les diag/examens/hospitalisation) mais jamais retirer ensuite, lors des visites de contrôle. Idem pour les laxatifs, somnifère... 3 lignes de moins ! Le pharmacien n'est il pas rémunéré au nombre de boîte qu'il dispense ? Plus bonus si elle a plus de 5 lignes ? Voilà le pourquoi.... Leur syndicat a négocier, ni vu ni connu, une façon de compenser les pertes de revenus de cet écrémage d'ordonnance.
Photo de profil de Dominique SOUVESTRE
2,6 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Ils ont enfin compris que certains patients restaient inscrits à tort, alors qu'ils ne consultaient plus jamais le médecin concerné. Le plus souvent ce sont des patients ayant déménagé ou quitté le médecin précédent, sans jamais se faire réinscrire ailleurs pour des raisons diverses. Désolé, mais je ne rembourserais pas ces sommes qui m'ont été versées pendant des années sans travail effectif de ma part. Je pense en particulier à une patiente en ALD qui avait déménagé 10 ans avant ma retraite. Aujourd'hui retraité depuis 4 ans, je continue à recevoir sur mssanté les nombreux compte rendus hospitaliers qui la concernent. Vive l'informatique!
 
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