@N Lawrenson/peopleimages.com/ Stock.adobe.com
Consultation ménopause à 47.5 euros : les généralistes vont "travailler à perte", dénoncent les syndicats
La Cnam a présenté jeudi 11 juin ses propositions pour l'avenant 1 à la convention médicale. Consultation ménopause, tarifs de la régulation, téléconsultation, assistants médicaux mutualisés… Egora passe en revue ce qui concerne les généralistes.
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Ils ont jusqu'à lundi 15 juin, 16 heures, pour se prononcer. Un délai "très court", d'autant "qu'on n'a pas encore le texte", commente le Dr Richard Talbot, trésorier de la FMF, joint par Egora. La Cnam doit en effet faire parvenir d'ici ce vendredi soir aux syndicats représentatifs des médecins libéraux le projet d'avenant 1 à la convention médicale.
Les propositions leur ont été présentées hier lors de la troisième et ultime séance de négociation multilatérale. Si les discussions ont essentiellement porté sur les dépenses d'imagerie, qui ont donné lieu à 15 bilatérales depuis fin avril, plusieurs mesures concernent les généralistes.
L'avenant 1 doit d'abord fixer le tarif de la consultation ménopause, portée par la ministre de la Santé Stéphanie Rist – auteure d'un rapport sur le sujet en tant que députée – et actée par la Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026. Pour cette consultation dédiée aux femmes de 45 à 65 ans, la Cnam propose un tarif (opposable) de 47.50 euros, à hauteur de celui de la CCP (consultation de contraception et de prévention).
Pour les syndicats, qui réclamaient 60 euros pour une consultation très complexe, le compte n'y est pas. "Le cahier des charges, c'est 45 à 60 minutes, rappelle Richard Talbot. Madame Rist veut qu'on travaille à perte. Moi j'aurais du mal à caser 1 heure dans mon emploi du temps." De toute façon, signale le généraliste vendéen, "on s'occupe déjà de la ménopause de nos patientes". "Une consultation longue, ça devrait être 60 euros. Là c'est une consultation gadget", assène quant à lui le Dr Luc Duquesnel, président des Généralistes-CSMF.
Concernant la rémunération de la régulation de la PDSA, qui ne relève plus du Fonds d'intervention régional (FIR) géré par les ARS mais passe dans le champ conventionnel, le généraliste de Mayenne ne cache pas sa déception. La Cnam propose en effet d'"entériner les différents tarifs" prévus initialement par les cahiers des charges régionaux. "Ceux qui sont en haut de l'échelle restent en haut de l'échelle et ceux qui sont en bas de l'échelle restent en bas de l'échelle", regrette Luc Duquesnel, qui ne satisfait pas que certains généralistes soient rémunérés 90 euros de l'heure quand d'autres touchent 150 euros. Les syndicats s'attendent toutefois à ce que la Cnam n'en reste pas là dans les prochaines années.
L'avenant 1 doit également graver dans le marbre conventionnel les conditions d'emploi et de financement des assistants médicaux mutualisés, sur lesquelles la Cnam et les syndicats se sont mis d'accord en commission paritaire nationale. Le dispositif sera réservé aux généralistes, relève Richard Talbot. Il permettra aux associés d'une structure (hors collaborateurs, docteur junior, etc. dont) d'embaucher jusqu'à 1 ETP d'assistant médical par médecin, avec des objectifs mutualisés "bien plus faciles à atteindre", souligne le représentant de la FMF.
Le texte devait, enfin, permettre d'aménager le plafond d'activité en télémédecine, fixé à 20%, mais plusieurs syndicats s'y opposent. Etant donné que les médecins traitants n'y sont pas soumis pour leurs propres patients et que le plafond a déjà été relevé pour les psychiatres, la mesure profiterait essentiellement aux plateformes de téléconsultation, relève en effet Richard Talbot. Le sujet devrait revenir sur la table à la faveur du PLFSS 2027.
Evoquant des dérives, la Cnam entend toutefois interdire le cumul du G et de la majoration MCG, qui permettaient à des médecins téléconsultants de toucher 30 euros au lieu de 25 euros.
Signer ou ne pas signer ? Les syndicats se décideront ce week-end, au cours d'une assemblée générale pour la CSMF et à travers un vote des adhérents pour la FMF. Si l'accord achoppe sur les dépenses d'imagerie, la Cnam promet de trouver d'autres vecteurs pour faire appliquer les mesures concernant les généralistes.
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