Wargon harcelé pour ses propos sur la vaccination obligatoire contre la grippe : des médecins appellent l'Ordre à réagir
"Malgré les engagements qu’il avait pris il y a moins de six mois, l’Ordre censé nous protéger a été totalement absent de la défense de notre confrère attaqué", reprochent les signataires d'une tribune publiée par Le Point.
A l'origine de cette "campagne de dénigrement" à l'encontre du Dr Mathias Wargon, des propos tenus le 21 décembre sur le plateau de BFMTV. Alors que la grippe menace de déborder l'hôpital, le chef du service des urgences de l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) prend position pour la vaccination obligatoire des plus de 65 ans. Face à la journaliste qui juge que la mesure est délicate à mettre en œuvre, le médecin appelle chacun à prendre ses responsabilités pour préserver le système de santé : "dans ces cas-là, on les reçoit pas à l'hôpital non plus", lâche-t-il. "Notre système de santé, il va pas bien, notre Sécurité sociale, elle va pas bien, et demain si on continue comme ça à tirer sur la corde, à 'j'y ai droit' sans faire d'efforts, bah y'aura plus de Sécurité sociale", développe-t-il.
Un discours qui a valu au médecin d'être pris pour cible par plusieurs comptes sur les réseaux sociaux, de l'extrême droite à l'extrême gauche, en passant par les antivax.
Soutenir un génocide et diriger un service d’urgences : voilà le “chef” d’un hôpital à deux pas de chez moi.
Effrayant. https://t.co/1gnkfPFB3d— Aly D (@AlyDiouara) December 22, 2025
Les médecins ont l’obligation de soigner tous les malades vaccinés et non vaccinés ! Wargon doit respecter le serment d hypocrite ! A sa place je serai irradiée .
— Nadege (@nadej_nadej18) January 1, 2026
Dans une tribune publiée le 31 décembre par Le Point, un collectif de médecins lui apporte son soutien et reproche à l'Ordre de garder le silence. "Nous avons vu des confrères peu scrupuleux appeler à le signaler, lui et d’autres, auprès de son Ordre sur les réseaux sociaux pour soutenir des idéologies bien éloignées des canons de notre déontologie", constatent-ils. "Durant ce temps, aucune réaction du Conseil national de l’Ordre des médecins ne s’est produite, déplorent les médecins signataires, parmi lesquels les Drs Marty, Barraud et Barrière ou encore la Pre Karine Lacombe. Malgré les engagements qu’il avait pris il y a moins de six mois, l’Ordre censé nous protéger a été totalement absent de la défense de notre confrère attaqué", fustigent-ils.
Le collectif appelle l'instance à "apporter immédiatement un soutien symbolique mais également un soutien juridique à notre confrère harcelé" et à "se saisir sans délai des cas des confrères malveillants qui ont choisi d’instrumentaliser ce harcèlement pour quelques likes sur les réseaux sociaux". L'Ordre doit, en outre, rappeler qu'"un médecin est légitime à s'exprimer sur des questions de santé publique" et "affirmer haut et fort que ceux qui ont fait de la mise en danger de nos contemporains un fonds de commerce ne sont pas fondés à saisir les instances disciplinaires pour leur propagande mortifère", considèrent-ils.
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