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Wargon harcelé pour ses propos sur la vaccination obligatoire contre la grippe : des médecins appellent l'Ordre à réagir

"Malgré les engagements qu’il avait pris il y a moins de six mois, l’Ordre censé nous protéger a été totalement absent de la défense de notre confrère attaqué", reprochent les signataires d'une tribune publiée par Le Point

02/01/2026 Par Aveline Marques
Déontologie Santé publique
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A l'origine de cette "campagne de dénigrement" à l'encontre du Dr Mathias Wargon, des propos tenus le 21 décembre sur le plateau de BFMTV. Alors que la grippe menace de déborder l'hôpital, le chef du service des urgences de l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) prend position pour la vaccination obligatoire des plus de 65 ans. Face à la journaliste qui juge que la mesure est délicate à mettre en œuvre, le médecin appelle chacun à prendre ses responsabilités pour préserver le système de santé : "dans ces cas-là, on les reçoit pas à l'hôpital non plus", lâche-t-il. "Notre système de santé, il va pas bien, notre Sécurité sociale, elle va pas bien, et demain si on continue comme ça à tirer sur la corde, à 'j'y ai droit' sans faire d'efforts, bah y'aura plus de Sécurité sociale", développe-t-il.

Un discours qui a valu au médecin d'être pris pour cible par plusieurs comptes sur les réseaux sociaux, de l'extrême droite à l'extrême gauche, en passant par les antivax.

Dans une tribune publiée le 31 décembre par Le Point, un collectif de médecins lui apporte son soutien et reproche à l'Ordre de garder le silence. "Nous avons vu des confrères peu scrupuleux appeler à le signaler, lui et d’autres, auprès de son Ordre sur les réseaux sociaux pour soutenir des idéologies bien éloignées des canons de notre déontologie", constatent-ils. "Durant ce temps, aucune réaction du Conseil national de l’Ordre des médecins ne s’est produite, déplorent les médecins signataires, parmi lesquels les Drs Marty, Barraud et Barrière ou encore la Pre Karine Lacombe. Malgré les engagements qu’il avait pris il y a moins de six mois, l’Ordre censé nous protéger a été totalement absent de la défense de notre confrère attaqué", fustigent-ils.

Le collectif appelle l'instance à "apporter immédiatement un soutien symbolique mais également un soutien juridique à notre confrère harcelé" et à "se saisir sans délai des cas des confrères malveillants qui ont choisi d’instrumentaliser ce harcèlement pour quelques likes sur les réseaux sociaux". L'Ordre doit, en outre, rappeler qu'"un médecin est légitime à s'exprimer sur des questions de santé publique" et "affirmer haut et fort que ceux qui ont fait de la mise en danger de nos contemporains un fonds de commerce ne sont pas fondés à saisir les instances disciplinaires pour leur propagande mortifère", considèrent-ils. 

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Débatteur Passionné
il y a 2 mois
Vaste question que la santé publique. Il y a des années, on avait visité l’hôpital de Percy. Hôpital des armées avec un service grands brûlés qui pour fonctionner faisait du soins classique vers des populations âgées et très peu de médecine de guerre. 8 lits grands brûlés, un service totalement déficitaire en surcapacité la plupart du temps et en sous capacité en cas d'accident grave industriels ou dans un lieu publique comme des discothèques. Sans même discuter de sa sous capacité en cas de guerre réelle. On peu continuer à payer une surcapacité de fonctionnaires d’encadrement, ils ne se transformeront pas par magie en personnels utiles le jour venus.
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Les vaccinations (et ici, la grippe) sont devenues un enjeu politique. Si encore c’était un enjeu de politique…de santé. Mais non, c’est tout l’inverse, un enjeu de basse politique. Et quand un confrère, parfaitement légitime pour en parler, pousse un coup de gueule tout aussi légitime, à la grand messe du 20 h, pour mettre en garde la population de ce qui l’attend, les extrêmes de tous bords poussent des cris d’orfraie et crient au scandale! Alors que ce problème de santé publique leur incombe et qu’ils doivent s’en emparer en priorité, au lieu de s‘offrir en un spectacle navrant à l’assemblée nationale. C’est aussi de la compétence du CNOM de prendre clairement position, et sans ambiguïté, pour la défense de notre confère, au lieu de quoi il s’embourberait dans une polémique inutile et dangereuse, pour les médecins, pour la santé publique et pour l’Odre lui-même!
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4,2 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Lorsqu'on voit quels médecins soutiennent Wargon, des NFMs aux covidistes macrono-compatibles et ceux qui bashent les Confrères de l'IHUM, dont deux déjà condamnés par l'Ordre , on ne peut pas dire que Wargon, le mari de l'Ex-Ministre de Macron ne s'est pas mis tout seul dans la mouise. Lorsqu'on dénonçe le Serment des médecins , il ne faut pas s'étonner d'être lâché par les siens. Lorsqu'on mélange la politique et la politique de santé on sait que çà peut vite déraper. L'Ordre devrait ne pas rentrer dans ce petit jeu pervers et renvoyer les plaignants dans leurs mares aux canards !...

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