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"Ne rajoutons pas une sanction économique à celle de la maladie" : MG France et l'UFML s'opposent au doublement des plafonds de franchise
Alors que le Gouvernement a acté la semaine dernière le doublement du plafond annuel des franchises sur les boites de médicaments et des participations forfaitaires sur les consultations, les syndicats MG France et UFMLS dénoncent une "mesure dangereuse et inefficace" qui "remet en cause le fondement même de l'Assurance maladie".
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Cinq décrets sont actuellement soumis à la consultation dans l'objectif de faire diminuer les dépenses de santé. Le premier vise à doubler les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires. Les assurés concernés pourraient payer de leur poche jusqu'à 200 euros par an. Un "petit effort extrêmement mesuré" qui représentera plutôt, en moyenne, 18 euros par an pour un assuré lambda et 49 euros pour les patients en ALD, précise le cabinet du Premier ministre, et qui permettra d'économiser 750 millions d'euros en année pleine. Le montant des franchises restera en revanche inchangé, tout comme les plafonds journaliers. 18 millions de Français restent exonérés : les mineurs, les femmes enceintes et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S).
Dans une vidéo diffusée sur Linkedin, le Dr Jérôme Marty, président de l'UFMLS, estime qu'il s'agit d'un "dispositif profondément inégalitaire qui remet en cause le fondement même de l'Assurance maladie". Normalement "on cotise selon ses moyens et on perçoit selon ses moyens", poursuit le généraliste, "là c'est exactement l'inverse. Plus vous êtes malade, plus vous êtes fragiles, plus vous payez. C'est une horreur. Comment peut-on, quand on est médecin, valider ce genre de chose ?", s'emporte-t-il.
"Les franchises, bien mal nommées, ont pour principal effet de faire payer les patients les plus malades, sans tenir compte de leurs besoins. Au-delà d'une mesure socialement injuste, c'est une mesure dangereuse et inefficace puisque la plupart des études montrent qu'elles ne réduisent pas les couts de santé, mais différent seulement la dépense en retardant les prises en charge, au prix d'une aggravation des pathologies", abonde MG France dans un communiqué.
De son côté, le Gouvernement assume d'augmenter le reste à charge pour ceux qui utilisent le plus le système de santé, et qui n'étaient jusqu'alors, plus redevables de franchises et participations forfaitaires au-delà de la 50e boite de médicament et de la 25e consultation. Contre le gaspillage et la "surconsommation des soins", l'exécutif mise sur une responsabilisation des patients comme des médecins, appelés à ne plus "empiler les prescriptions" et à davantage prescrire selon les recommandations.
"Taxer les malades, les plus fragiles c'est une horreur (…) Ne rajoutons pas une sanction économique à la sanction de la maladie", appelle Jérôme Marty. MG France met en garde contre "cette dangereuse rupture du pacte social" : "ce coup porté à l'Assurance maladie solidaire aggravera les difficultés des patients sans résoudre la question du financement de la santé en France", conclu le syndicat.
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