@Tommaso Lizzul/stock.adobe.com
Colère des dentistes face au déremboursement : "La santé bucco-dentaire n'est pas un soin de confort"
La hausse du ticket modérateur sur les soins dentaires, actée par décret pour le 1er janvier 2027, ne passe pas auprès des Chirurgiens-dentistes de France, qui tentent de mobiliser les patients contre le désengagement de l'Assurance maladie.
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Au 1er janvier 2027, les honoraires des chirurgiens-dentistes et les actes dentaires ne seront plus remboursés qu'à hauteur de 50% par l'Assurance maladie, voire seulement à 40%, si l'Uncam opte pour la fourchette haute fixée par le décret publié samedi 22 août au Journal officiel. A charge pour les complémentaires santé de rembourser le reste.
Il y a trois ans encore, l'assurance maladie obligatoire assumait 70% de la dépense. En 2023, une première hausse du ticket modérateur est intervenue, ramenant cette part à 60%. Un nouveau transfert de charges vers les complémentaires qui devraient permettre d'économiser 1.4 à 1.5 milliard d'euros.
Mais pour les Chirurgiens-dentistes de France (CDF), il s'agit d'une "fausse économie". "Réduire la part remboursée par l’Assurance maladie ne fait disparaître aucune dépense de santé. La charge est transférée aux complémentaires santé, qui la répercuteront sur les cotisations de l’ensemble des assurés", prédit le syndicat, qui se mobilise contre cette mesure.
Dénonçant un "passage en force" du Gouvernement alors que l'ensemble des instances consultées* ont manifesté leur opposition, les CDF appellent au retrait de ce décret et réclament "l’ouverture d’une concertation réelle avec la profession sur le financement de la santé buccodentaire, plutôt que des mesures unilatérales à visée budgétaire".
"La baisse de remboursement touche de plein fouet les soins conservateurs, qui constituent le cœur de la prévention et le meilleur rempart contre des traitements ultérieurs lourds et onéreux", alerte le syndicat, pas convaincu par l'argument du maintien du "100% santé", qui porte pour l’essentiel sur les prothèses.
Les chirurgiens-dentistes déplorent également d'être traités à la même enseigne que les médicaments à SMR faible. "Le Gouvernement traite implicitement la médecine bucco-dentaire comme un soin de second rang, dont on pourrait réduire la prise en charge sans dommage, au service médical rendu discutable. C’est une erreur médicale autant que politique : la santé bucco-dentaire est un déterminant majeur de la santé générale" (diabète, maladies cardio-vasculaires, grossesse…), souligne le syndicat.
Les CDF appellent les patients et les professionnels à se mobiliser contre cette mesure, contre laquelle ils envisagent un recours pour excès de pouvoir. Une pétition a également été lancée.
*Le Conseil de la Cnam et le Conseil de l'Unocam ont rendu un avis défavorable
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