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Programme santé de Macron : "On va faire du travail d'orfèvre"

emmanuel macron santé

[Rediffusion] - Celui qui ne se revendique "ni de droite, ni de gauche" a fait appel au Dr Olivier Véran, neurologue hospitalier au CHU de Grenoble et député socialiste de 2012 à 2015 (voir encadré), pour être son porte-parole santé. S'appuyer sur les acteurs de terrain, miser sur la prévention ou expérimenter des nouveaux modes de financement des soins font partie des ambitions du candidat En Marche pour la santé. Le Dr Olivier Véran les développe pour Egora.

 

Egora : Quelles sont les trois priorités d'Emmanuel Macron en matière de santé ?

Dr Olivier Véran : Nous avons justement organisé le programme santé autour de trois priorités. La première est la révolution de la prévention. La deuxième est la lutte contre les inégalités de santé et la troisième est l'amélioration de l'efficience de notre système de santé.

 

Concrètement, comment comptez-vous développer la prévention ?

Nous faisons déjà le constat qu'en prévention nous sommes très mauvais élèves en France. Sur 250 milliards de dépenses de santé, nous sommes à moins de 5 milliards sur la prévention. Ce chiffre classerait la France en queue de peloton européen. Pour faire de la prévention, il faut sortir de la logique du slogan et mettre des moyens. Nous allons dégager des moyens en ville et à l'hôpital. En médecine et chez les paramédicaux. Nous allons créer des modes de financement et de rémunération liés à des activités de prévention. Les consultations de prévention, notamment en médecine de ville, prennent du temps et ne sont pas suffisamment reconnues. Pour faire de la prévention en milieu hospitalier, il faut également avoir du temps et des moyens.

Il y a plein d'expérimentations qui fonctionnent dans les territoires, qui sont financées sur deux ou trois ans. Elles marchent très bien mais ne sont jamais généralisées parce qu'on n'a pas de moyens pérennes pour pouvoir le faire. Quand ça marche très bien dans un territoire, on ne le diffuse pas au niveau national et chacun fait des choses dans son coin. Il faut s'appuyer sur l'expertise des acteurs de terrain et sur les initiatives des professionnels de santé pour pouvoir généraliser et diffuser des dispositifs de prévention qui fonctionnent bien.

 

Avez-vous un exemple concret ?

Je peux citer le cas de l'accident de la main. Il y a un accident de la main toutes les 20 secondes en France. On considère que la pulpe du doigt est ce qui coûte le plus cher à la Sécurité sociale. Il y a un nombre très important d'arrêts maladie et d'invalidité liés à cela. Les ouvriers qui travaillent sur des machines et qui se coupent un doigt perdent en général leur travail, ce qui crée énormément de misère sociale. Or, on sait qu'une action de prévention ciblée sur les postes de travail dans les milieux à risques permet de réduire de 30 à 40% les accidents. Si on investit un euro aujourd'hui dans des actions de prévention ciblées au travail, on économise beaucoup plus demain. C'est un exemple parmi d'autres.

Nous pensons également que les soignants ne sont pas assez sensibilisés aux actions de prévention. A l'étranger, il y a des modules de formation beaucoup plus poussés. Moi j'ai fait toutes mes années de médecine à Grenoble et je ne me souviens pas que l'on m'ait appris à faire de la prévention ou de l'éducation thérapeutique. Cela a peut-être évolué depuis, mais je crois qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Nous allons donc proposer à 40 000 étudiants en santé de mener des actions de prévention dans le cadre d'un service sanitaire. Ils pourront les mener partout, dans les écoles, en lien avec la santé scolaire, sur les lieux de travail, en lien avec la santé au travail, dans les Ehpad… Cela implique d'abord que ces jeunes soient formés pour faire de la prévention. Cela leur sera utile dans leur exercice professionnel futur. Et cela nécessite aussi de s'organiser pour pourvoir l'intégrer dans leur programme de formation initiale.

 

Comment seront rémunérés les généralistes qui feront de la prévention ?

Les rémunérations pourront passer soit par la ROSP, soit sur l'identification d'objectifs financés sur la prévention au sein de la prochaine convention. Il y a une volonté de mettre des moyens...

 

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