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"Payer les médecins hospitaliers à l’acte est une évolution nécessaire"

Quelques mois seulement après le Ségur de la santé, et plusieurs milliards d'euros versés plus tard, la colère et la détresse des professionnels de santé ne semblent pas s’être dissipées. Au contraire, la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 a, pour bon nombre de médecins, ravivé des tensions déjà existantes, à l'hôpital comme en ville. Face à ce constat alarmant, la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFrap) a publié en septembre dernier une série de recommandations pour améliorer le système de santé. Suppression du statut public, paiement à l’acte pour les médecins hospitaliers, réforme de l’impôt sur le revenu pour soutenir les médecins de ville... Sa présidente, Agnès Verdier-Molinié, détaille pour Egora ces mesures libérales.

 

Egora.fr : Dans votre rapport "Sortir de la suradministration de la santé, Les solutions", vous dites notamment que le Ségur de la santé, qui a eu lieu cet été, a manqué le coche. Pourquoi ?

Agnès Verdier-Molinié : Des dizaines de rapport et de livres, les déficits et surtout le mal-être permanent des personnels des hôpitaux montrent qu’il existe un problème de fond à l’hôpital. Comme souvent le sujet du “manque de moyens” est mis en avant parce qu’il fait consensus et évite de chercher des causes dérangeantes. Cela alors que nous dépensons autant en santé par rapport à notre richesse nationale que nos voisins allemands, par exemple. Dans de nombreux hôpitaux, les conflits entre médecins et gestionnaires ne trouvent pas de mécanisme efficace de résolution, et se répercutent à tous les niveaux. La crise sanitaire au printemps avait montré les insuffisances de notre système de santé : coopération public/privé, médecine de ville/hôpital, organisation en silos.

Les multiples réformes n’ont rien résolu. Les 8 milliards d’euros du Ségur de la santé n’ont rien changé, il n’aura fallu qu’un mois pour notre système sanitaire craque à nouveau.

 

Face à l'endettement des établissements de santé, vous appelez à aligner le statut des hôpitaux publics sur celui hôpitaux privés non lucratifs. Pourquoi vouloir la suppression du statut public ?

Les hôpitaux privés et privés non lucratifs ont fait preuve d’initiative et de responsabilité. Quand il y a des problèmes financiers, ils sont traités au lieu d’attendre un énième plan de retour à l’équilibre et surtout de nouvelles subventions comme la récente reprise de 10 milliards de dettes des hôpitaux publics par l’Etat. Il s'agit surtout de donner plus d'autonomie aux hôpitaux dans leur mode d'organisation sans attendre tout des règles édictées dans les ministères.

Quand il y a des problèmes de fonctionnement, de choix des spécialités traitées ou de personnes, le conseil d’administration a pouvoir pour agir. Bien que les personnels n’y soient pas plus payés que dans le public, les problèmes y sont beaucoup plus rares, grâce à la proximité du management, et au sentiment d’appartenance et de responsabilité.

 

Vous défendez, par ailleurs, le fait qu'un médecin hospitalier doit être payé à l'acte plutôt qu'avec un salaire. Aujourd'hui, on a plutôt tendance, au contraire, à délaisser le paiement à l'acte. Pourquoi un tel changement est-il nécessaire ?

Le but est de rémunérer les médecins hospitaliers en fonction de leurs compétences et de leur engagement. Les payer à l’acte signifie rémunérer les médecins en fonction d’une évaluation. Cela demande du courage de la part de l’évaluateur et de l’évalué...

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