Budget Sécu : l'Académie de médecine fustige un retour à l'équilibre "en faux semblant"

30/10/2018 Par Catherine le Borgne
Politique de santé

Le budget de la Sécurité sociale pour 2019, qui doit être adopté en première lecture par l'Assemblée ce mardi, sera le premier en excédent depuis 18 ans.  Mais pour l'Académie de médecine, il ne s'agit que d "un jeu de vases communicants du creusement des déficits hospitaliers", car les déficits des hôpitaux "ont pratiquement doublé d'une année sur l'autre". 

  Selon les prévisions du gouvernement, l'Assurance maladie doit voir son déficit réduit à 500 millions d'euros l'an prochain, contre 900 millions attendus cette année et 4,9 milliards constatés en 2017. Mais "le redressement observé est pour une part en faux semblant", affirme l'Académie de médecine dans un communiqué, soulignant que les déficits des hôpitaux "ont pratiquement doublé d'une année sur l'autre". Pour les seuls établissements publics, le montant total des déficits est en effet passé de 470 millions d'euros en 2016 à 890 millions l'an dernier, selon la Fédération hospitalière de France (FHF), qui craint que ce chiffre n'"augmente encore" et dépasse le milliard d'euros en 2019. Dans ce contexte, l'Académie de médecine "déplore vivement" que "l'effort d'économies demandé", comme chaque année, à l'Assurance maladie (à hauteur de 3,8 milliards d'euros l'an prochain) "continue à reposer une nouvelle fois sur des mesures de court terme, pesant très largement sur l'hôpital plus que sur les soins de ville". Cela "risque de fragiliser encore davantage (la) situation financière" des établissements de santé "et de (les) contraindre à des suppressions d'emplois de soignants, aggravant encore les tensions que connaissent les services hospitaliers et leurs équipes", met en garde la société savante. Selon le dernier rapport de la Cour des comptes sur l'exercice 2018 de la sécurité sociale, la fixation des tarifs hospitaliers est en cause dans le creusement des déficits des établissements. En effet, écrit la Cour, l'évolution des tarifs hospitaliers a été arrêtée en fonction d'une prévision d'augmentation de leur volume d'activité. Le fait que cette augmentation ne se soit que partiellement produite (ce qui n'avait pas été anticipé), a conduit à accroître le déficit des hôpitaux publics. Celui-ci est ainsi passé de 439 à 835 millions d'euros, soit un quasi doublement, malgré le dégel de 250 millions d'euros de dotation au dernier moment, avant la clôture des comptes de l'assurance maladie. En réalité, affirme la Cour, les déficits de l'assurance maladie et des hôpitaux publics ont augmenté en 2017 par rapport à 2016. [Avec l'AFP]

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