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Les pharmaciens pouvaient vendre des masques depuis la fin mars… mais ne le savaient pas

Une enquête menée par des journalistes de France télévisions montre que les pharmaciens étaient autorisés à vendre masques issus de l'importation depuis fin mars, alors que ces derniers n’étaient pas au courant.
 

 

“Non, les Français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies”, martelait Sibeth N’Diaye, porte-parole du Gouvernement, le 17 mars dernier, après l’annonce du confinement par Emmanuel Macron. Un décret, daté du 23 mars 2020 et publié au Journal officiel, précisait en effet que les masques de protection étaient réquisitionnés. Les pharmaciens s’étaient alors pliés à cette règle.

Cependant, selon une enquête réalisée par l’équipe de “L’oeil du 20 heures” relayée par France Info, un document du ministère de la Santé daté du 30 avril précise que seuls “les stocks de masques importés depuis cette date” ne sont concernés par l’interdiction de vente du 23 mars. Les pharmaciens pouvaient donc importer des masques de protection afin de les proposer à leur clientèle, dans la limite de cinq millions d'unités par trimestre et par "personne morale". Et ce, depuis la fin mars. Cette affirmation a été confirmée dès le 5 mai par le Conseil d’Etat.

La réquisition de masques pour approvisionner en priorité les professionnels de santé prévoyait, par ailleurs, de sanctionner les pharmaciens à 10.000 euros d'amende et jusqu’à six mois d’emprisonnement s'ils vendaient des masques aux particuliers. Des poursuites ont d’ailleurs déjà été initiées par différents parquets, ainsi que des condamnations pénales prononcées contre des pharmaciens.

 

Flou

Pourtant les messages des autorités n’avaient pas fait mention jusqu’ici de cette précision. Le Gouvernement se vantait par ailleurs d’avoir été “le seul pays” à organiser une réquisition “complète” de “tous les stocks de tous les stocks de masques, de tous les sites de production de masques”, mentionnant l’interdiction de vente en officine à plusieurs reprises. "Si on commence à ouvrir la vente en pharmacie, ce sera une vente qui sera vite tarie," indiquait par exemple le ministre de la Santé, Olivier Véran le 19 avril.

Comme l’indique également CheckNews, la cellule de fact-checking de Libération, le flou entourant les différents décrets sur l’interdiction de vente et la réquisition a poussé les syndicats et l’Ordre de la profession à aller dans le sens de la doctrine de l’Etat : donner la priorité aux soignants.

Interrogé par l’équipe de “L’oeil du 20 heures”, Me Fabrice Di Vizio, qui représente certains pharmaciens, estime que “in fine, ça reste le patient, ça reste la population, qui a été privée de ces masques dont elle avait cruellement besoin”, dénonçant de plus le mensonge de l’Etat. Le cabinet du ministère n’a pas répondu aux questions des journalistes.

 

 

[avec France Info et Libération]

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