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Vaccination : la profession infirmière toute entière dénonce le "mépris" de ses compétences

Les infirmières n'acceptent pas que leur capacité vaccinale face au Covid soit limitée par rapport à celle des pharmaciens et des sages-femmes. Dans un communiqué, 24 organisations demandent au Gouvernement de laisser les infirmières prescrire le vaccin, tandis que l'Ordre et France assos santé signent une tribune dans le JDD portant la même revendication.
 

La pilule ne passe pas. Si le décret du 5 mars a bien autorisé les infirmières à vacciner contre le Covid sans que la présence d'un médecin ne soit requise, il impose aux patients d'être munis d'une prescription médicale. Ce qui revient pour ces 24 organisations infirmières (syndicats, associations, sociétés savantes…) à écarter de la campagne de vaccination contre le Covid "la seule profession dont c'est réellement le métier". Dans un communiqué diffusé ce lundi 15 mars, les signataires dénoncent le "mépris des compétences infirmières".

Elles rappellent non seulement que les infirmières, "au cœur de la crise depuis le début', peuvent déjà effectuer certaines vaccinations sans prescription (notamment le vaccin antigrippal), mais aussi qu'elles sont formées à vérifier l'éligibilité du patient, à "reconnaître et anticiper les réactions allergiques" et aux gestes d'urgence. Mais "pour la technostructure, ironisent-elles, cela peut se réaliser dans l'arrière-boutique d'une officine, au milieu des cartons alors que la pharmacie est pleine de clients…". 

Alors que les 140 000 libérales sont "les derniers professionnels de santé à se rendre au quotidien au domicile des patients", l'administration a préféré autoriser le remboursement des transports sanitaires vers les centres de vaccination des patients âgés et fragiles, pointent-elles encore.

"Alors que le Premier ministre appelait avec emphase il y a quelques jours à la mobilisation générale nous parlant d'une course contre la montre pour la vaccination, on nous demande de rentrer à la maison, lâchent-elles. La désorganisation est la plus totale et la politique vaccinale se fait au doigt mouillé. Cela fait de nous des cancres de la vaccination. La France, 6e puissance mondiale, est bien loin derrière le Maroc, le Chili, la Serbie, le Portugal, la Roumanie, etc.", affirme le communiqué.

Appelant à revenir rapidement au "bon sens" et à "changer le logiciel de l'administration de la santé", les organisations infirmières exhortent le Gouvernement à abroger "cette décision inepte de la DGS si l'on ne veut pas que la colère, l'écœurement et in fine la démotivation des infirmières aient de lourdes conséquences".

Dans une tribune parue dans le Journal du dimanche le 14 mars, Patrick Chamboredon, président de l'Ordre national des infirmiers, et Gérard Raymond, président de la fédération de patients France assos santé, appellent également à lever les "freins" de la campagne de vaccination en faisant davantage appel aux infirmières. "Alors que des livraisons massives de vaccins sont attendues à compter de la fin mars, n'attendons pas d'être débordés pour mettre en place des mesures de santé publique impactantes pour accompagner ces livraisons sur tout le territoire. Anticipons-les!", lancent-ils, soulignant le "maillage territorial" des infirmières.

Et de rappeler que même le Pr Alain Fischer a souhaité devant le Sénat le 10 mars dernier que la HAS "révise son avis" et donne "la délégation complète de la capacité vaccinale" à ces dernières.

[avec Le Journal du dimanche]

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