Pour se venger, elle efface 4 500 fichiers confidentiels d'un hôpital : une médecin condamnée

12/03/2024 Par C.S.
Faits divers / Justice
Une médecin, embauchée dans le service de médecine nucléaire de l'hôpital Bicêtre de l'AP-HP (Val-de-Marne), a été condamnée à trois mois de prison avec sursis. Elle a été déclarée coupable d'avoir supprimé, par vengeance, 4 500 fichiers "très confidentiels" des serveurs de l'hôpital.  

 

Elle avait été placée en garde à vue en juillet dernier. Lundi 11 mars, une médecin nucléariste de 43 ans, accusée d'avoir supprimé plusieurs milliers de fichiers sensibles d'un serveur de l'hôpital Bicêtre (AP-HP), a été condamnée à trois mois de prison avec sursis. Le tribunal de Créteil l'a déclarée coupable de suppression frauduleuse de données à caractère personnel et médical.  

Cette affaire débute en juin 2022, quand la mise en cause est embauchée dans le service de médecine nucléaire de l'hôpital Bicêtre. La professeure ne signera son contrat à durée déterminée qu'après plusieurs mois de travail, souligne Le Parisien. Alors que alors que la fiche de poste indique que "c'était un CDI" selon elle.

 

Des fichiers "très confidentiels et très spécifiques"  

Dès les premiers jours suivant son arrivée, "une ambiance conflictuelle" s'installe entre la médecin et son chef de service, poursuit le quotidien. "Il a tenu des propos discriminatoires comme 'Pauvre africaine, pourquoi tu la ramènes ?' Il a eu des gestes déplacés et m’a ensuite menacée", raconte la prévenue, qui n’a pas engagé de poursuites judiciaires. 

Dans ce contexte, cette dernière aurait décidé de se venger. Fin décembre 2022, à la veille de la fin de son contrat, les identifiants professionnels de la médecin ont été utilisés pour accéder à un répertoire de données et supprimer plus de 4 500 fichiers "très confidentiels et très spécifiques", assure l'AP-HP. La prévenue affirme, elle, ne pas avoir "mis un pied à l'hôpital" ce jour-là. Malgré tout, les enquêteurs ont estimé qu'elle était la seule à avoir été connectée lors du créneau de suppression des données. Son téléphone portable a également borné en début et en fin d'après-midi aux alentours de l'hôpital. 

S'estimant victime d'un préjudice moral, et d'un autre matériel, l'AP-HP a obtenu un total de 1 850 euros.  

[avec Le Parisien]  

Faut-il réformer l'Ordre des médecins ?

MICHEL BANVILLET

MICHEL BANVILLET

Oui

À notre époque, la notion d'éthique a disparue de notre société. Faire confiance a des pairs, c'est favoriser les petits arrangeme... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Décryptage Déontologie
Dépassements d’honoraires des médecins : "le tact et la mesure" à l’épreuve des abus
05/02/2026
29
Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
7
Concours pluripro
Maisons de santé
Arrêt brutal d'une expérimentation finançant 26 maisons et centres de santé qui luttent contre les inégalités...
04/02/2026
2
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
31
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2