justice

@David Franklin/stock.adobe.com

Essais cliniques "sauvages" : 4 ans de prison pour le Pr Fourtillan

Le pharmacien était jugé pour des essais cliniques "sauvages" menés entre 2018 et 2019 dans une abbaye poitevine, hors de tout cadre légal, sur près de 400 personnes atteintes de maladies neuro-évolutives, comme Parkinson ou Alzheimer. Son bras droit, le Pr Henri Joyeux, a lui été condamné à un an de prison avec sursis. 

02/10/2026 Par Louise Claereboudt
Faits divers / Justice
justice

@David Franklin/stock.adobe.com

Les expérimentations consistaient à tester, sur des patients, les effets de la valentonine, une molécule "que Jean-Bernard Fourtillan affirme avoir découvert[e] en vision mystique", rappelait La Vie dans une enquête publiée au moment de l'ouverture de son procès en juin dernier. L'efficacité d'une autre molécule devait également être testée, la 6-méthoxy-harmalan (6-MH). 

Ces molécules ont été administrées sous forme de "patchs transdermiques mixtes" à près de 400 patients au sein de l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers, dans la Vienne. Pas moins de 19 sessions nocturnes ont été organisées entre mai 2018 et août 2019. Ces essais ont eu lieu hors de tout cadre légal, n'ayant jamais été autorisés par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). 

Absent du délibéré comme de l'audience en juin, le professeur de 82 ans a été reconnu coupable de recherche interventionnelle impliquant une personne humaine sans autorisations officielles, d'exercice illégal de la profession de médecin et de pharmacien, ainsi que d'escroquerie et d'abus de confiance pour les tests de ses patchs censés améliorer le traitement des maladies de Parkinson et d'Alzheimer. 

Près de 130 000 euros détournés 

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Bernard Fourtillan à quatre ans d'emprisonnement, et émis un mandat d'arrêt à son encontre. L'octogénaire s'est aussi vu interdire à titre définitif d'exercer une activité dans le domaine de la santé et de la pharmacie. La justice a aussi ordonné d'importants dédommagements aux parties civiles. 

Le tribunal a relevé que la recherche de dons a constitué une "préoccupation constante" du professeur tout au long de son projet, notamment vis-à-vis des personnes souffrant de maladies neurodégénératives, que leur condition rendait particulièrement vulnérables. La juridiction a reconnu le professeur coupable d'avoir ainsi détourné pour son profit personnel près de 130 000 des 700 000 euros de dons versés à son "fonds Josefa", "en se les remettant personnellement et en investissant dans l'or de façon dissimulée". 

"Cheville ouvrière de l'organisation de ces essais", sa femme Marianne Fourtillan a été condamnée à deux ans de prison dont un avec sursis. Son "bras droit", le professeur Henri Joyeux, a écopé d'un an avec sursis et 10 000 euros d'amende. 

[avec AFP] 

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Histoire
De jeune médecin inconnu à bourreau… Un historien retrace le parcours de Mengele, "l'Ange de la mort"
07/05/2026
0
Témoignage
Après la leucémie de son fils, elle se lance dans des études de médecine : "J'ai voulu redonner ce qu’on m...
05/05/2026
3
Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
22
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2