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"Essais cliniques" illégaux : ouverture du procès des Prs Joyeux et Fourtillan

Les Prs Jean-Bernard Fourtillan et Henri Joyeux comparaissent, à compter de ce lundi 8 décembre, devant le tribunal correctionnel de Paris, pour des "essais cliniques" illégaux réalisés près de Poitiers sur près de 400 personnes atteintes de maladies neuro-évolutives, comme Parkinson ou Alzheimer. 

08/12/2025 Par Sandy Bonin
Faits divers / Justice
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Tout commence en 2018 quand le Pr Jean-Bernard Fourtillan, pharmacien et professeur honoraire de la faculté de Poitiers (Vienne), décide d’organiser avec sa femme Marianne, pharmacienne également, et le médecin Henri Joyeux, un large essai thérapeutique sur des patients souffrant d’Alzheimer, de Parkinson ou de troubles du sommeil. Il souhaite ainsi tester son traitement qu’il estime "révolutionnaire", rapporte Le Parisien, dans un article. Jean-Bernard Fourtillan a, en effet, découvert la valentonine, une hormone apparentée à la mélatonine ; il est alors persuadé qu’il va changer la vie de millions de malades.

Pour réussir à mener leurs "essais cliniques", le pharmacien et ses complices présumés mènent une grande campagne de dons et de communication autour de ce traitement miracle, donnant des conférences ou faisant de la publicité sur Internet. 

Entre 2018 et 2019, plus de 380 patients ont été soumis à ce traitement expérimental dans l’abbaye de Sainte-Croix, près de Poitiers, sans qu'aucune autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ne soit demandée

En septembre 2019, le Pr Philippe Damier, alors président du conseil scientifique de l’association France-Parkinson, donne l’alerte à l'ANSM qui suspend ces essais illégaux. On aurait demandé à des patients "d’arrêter complètement leurs traitements" pour en essayer un nouveau, "révolutionnaire", raconte Philippe Damier. 

L’interdiction de l’ANSM n'arrête pas le Pr Fourtillan et ses complices présumés. Il aurait continué, après sa mise en examen, à faire la promotion de ses patchs, à appeler aux dons et à contacter les patients, violant ainsi son contrôle judiciaire, retrace Le Parisien.

Une fin de procès prévue le 18 décembre

Devant le tribunal correctionnel de Paris, Jean-Bernard Fourtillan est poursuivi pour abus de confiance. Il comparaît également pour exercice illégal de la médecine, de la profession de pharmacien, escroquerie, faux et usage de faux. Les trois autres prévenus, le Pr Henri Joyeux, Marianne Fourtillan et le médecin Jean-Patrick Pruvot, sont renvoyés pour complicité. Les enquêteurs ont estimé que le Pr Fourtillan avait été le "véritable maître d’œuvre" de cette opération. Le Pr Henri Joyeux assure, de son côté, que le Pr Fourtillan était le seul décideur des essais cliniques, dont il a assuré ignorer le caractère illégal.

Sur les près de 400 patients ayant participé à ces essais, seuls quatre se sont constitués parties civiles. L’ANSM, l’Ordre des médecins et l’Ordre des pharmaciens se sont constitués parties civiles. Le procès, qui débute ce lundi 8 décembre, doit se poursuivre jusqu’au 18 décembre.

Jean-Bernard Fourtillan, âgé de 82 ans, ne devrait pas assister au procès. Il aurait été interné en hôpital psychiatrique au début du mois de décembre, selon les informations de nos confrères. 

[avec leparisien.fr

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Michel Rivoal
13,3 k points
Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 8 mois
Ben surtout pas avant que la justice soit passée!
 
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