Patiente morte sur un brancard à Lariboisière : les conclusions de l'enquête

11/06/2019 Par Aveline Marques
Cette patiente de 55 ans, admise aux urgences de Lariboisière (AP-HP) le 17 décembre 2018 à 18h50, avait été retrouvée morte 12 heures plus tard, sans avoir été vue par un médecin. Le rapport d'enquête judiciaire révèle une série de dysfonctionnements.

Le décès de cette patiente, dans la nuit du 17 au 18 décembre, fait tragiquement écho au mouvement de grève des urgences. Car selon les membres du personnel interrogés par les enquêteurs, c'est la "saturation" du service des urgences de Lariboisière (10e arrondissement de Paris) et la "charge de travail trop importante" qui expliqueraient le non-respect du protocole de prise en charge et de surveillance. Ce jour-là, Micheline M., 55 ans, se plaint de douleurs aux mollets et à la tête, relate Le Monde, qui a pu consulter le rapport d'enquête. La quinquagénaire se rend en fin d'après-midi au centre médical Stalingrad pour consulter un médecin, mais le centre ferme ses portes. A la suite d'un malaise, elle est prise en charge par les pompiers, appelés par l'agent de sécurité. La patiente est enregistrée à l'accueil des urgences à 18h50… mais sous une mauvaise identité. Ni les pompiers ni l'infirmière ne lui auraient demandé de pièce d'identité. Lorsque la soignante lui demande son nom, Micheline répond "quelque chose d'inaudible", avant de hocher la tête quand on l'interroge sur le nom inscrit sur son bracelet. Présentant une fièvre de 40,1 degrés, la quinquagénaire se voit administrer un doliprane avant d'être transférée dans la salle du circuit court : classée niveau 3 sur 5, son état nécessite une consultation médicale dans l'heure. Mais les urgences sont pleines à craquer, ce lundi soir, et la patiente n'est appelée qu'à 23h55. L'infirmière l'appelle en salle d'attente, à l'accueil et dans la salle du circuit court. En vain. La patiente est alors enregistrée dans le logiciel comme "ne répondant pas à l'appel".

A 1h18, elle est déclarée "en fugue". A 4 heures du matin, l'infirmière l'inscrit comme "sortie", sans avoir vérifié tous les bracelets des patients présents dans la salle de surveillance, comme le prévoit le protocole. Micheline est découverte inanimée sur son brancard à 6 heures du matin, puis déclarée morte après une tentative de réanimation. En regardant dans ses affaires, les soignants découvrent que la patiente a été enregistrée sous une fausse identité. L'autopsie a révélé que la patiente était décédée suite à un œdème pulmonaire, probablement consécutif à une méningite. Ses proches ont porté plainte pour homicide involontaire et omission de porter secours à personne en danger. De son côté, l'AP-HP a conclu que la surveillance de la patiente n'avait pas été "conforme aux procédures internes", mais a assuré que le service n'était pas en sous-effectif ce soir-là. [avec LeMonde.fr]

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

6 débatteurs en ligne6 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2