@Andrey Popov/ Stock.adobe.com
Isolement et enfermement d'enfants : des médecins de la Fondation Vallée contestent le rapport de l'ARS
Les médecins responsables de quatre services de l'hôpital pédopsychiatrique Fondation Vallée à Gentilly (Val-de-Marne) ont adressé un courrier à l'ARS pour dénoncer la fermeture de leurs unités depuis le mois de février.
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En février dernier, l'ARS Ile-de-France annonçait la suspension d'activité de quatre unités de l'hôpital pédopsychiatrique Fondation Vallée situé à Gentilly, dans le Val-de-Marne. Une décision prise "en urgence" à la suite de signalements de pratiques d'enfermement de jeunes patients et d'une mission d'inspection.
Dans une lettre adressée le 27 mai aux autorités sanitaires, consultée par Le Monde et l'AFP, des médecins ayant exercé à des postes-clés dans ces unités ont estimé que le rapport de l'ARS "contient des imprécisions et des inexactitudes" ainsi que des "extrapolations infondées et des affirmations non étayées".
Le rapport définitif de l'ARS, publié le 6 mai, évoque des pratiques d'enfermement d'enfants et un recours à l'isolement jugé "usuel et banalisé" dans cet établissement. Les médecins assurent, de leur côté, que la mise à l'isolement ne se fait "qu'en ultime recours, dans des situations de danger pour les patients eux-mêmes et leur entourage et pour des durées courtes".
Les praticiens nient par ailleurs le recours à la contention mécanique, affirmant que la présence de bracelets de contention, retrouvés dans un placard de l'hôpital lors de la mission d'inspection, ne signifie pas pour autant que cette pratique soit mise en œuvre.
En revanche, les auteurs de la lettre reconnaissent l'insuffisance du traçage, pointé par l'ARS, appelant à "une réflexion en profondeur sur les outils, les formations à leur usage, les ressources humaines et les organisations".
La CGT s'était déjà émue de la suspension des services d'hospitalisation et avait organisé plusieurs rassemblements devant la Fondation Vallée, dont le dernier en mai. Les représentants syndicaux avaient alors dénoncé un rapport "truffé d'erreurs et d'incohérences".
Auprès de l'AFP, l'ARS maintient sa position exprimée dans le rapport, soulignant que l'inspection a été menée à la suite de "signalements précis et circonstanciés, provenant, entre autres, de professionnels de l'établissement, qui ont conduit à vérifier les conditions de prise en charge des enfants accueillis".
L'agence ajoute que la suspension des unités "ne constitue pas une sanction, mais une mesure de protection". "Elle vise à permettre à l'établissement de réorganiser son offre de soins dans des conditions conformes aux standards actuels, avec l'appui des autorités sanitaires", précise-t-elle.
[avec AFP et Le Monde]
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