@Aleksandr Fedosov/stock.adobe.com
Canicule : un impact sur la morbidité aux urgences largement sous-évalué
Les conséquences des épisodes caniculaires sur les passages aux urgences pourraient bien être largement sous-estimées. Une étude américaine montre en effet que de nombreux diagnostics portés pendant ces périodes de fortes chaleurs ne sont pas pris en compte. Ils concernent en particulier des pathologies dermatologiques ou liées aux comportements.
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Les chercheurs sont partis de l’idée que les études sur l’impact de la chaleur sont basées sur une liste de diagnostics présélectionnés – tels que la déshydratation et les événements cardiovasculaires - qui est trop restreinte.
Pour approfondir cette hypothèse, ils ont donc analysé les diagnostics en soins aigus associés aux différentes vagues de chaleur extrême (plus de 33,7°) à Chicago, dans l’Illinois, enregistrés entre mai et septembre des années 2011 à 2023. Au total, 916 904 consultations d’urgence, ayant eu lieu à l’hôpital ou en ville, chez 372 140 adultes (57,6% de femmes ; moyenne d’âge 52 ans) ont été prises en compte. L’analyse concernait aussi les trois jours suivant chaque jour de forte chaleur. Les auteurs ont ensuite comparé la situation observée pendant 100 jours de chaleur extrême à 1 882 jours sans chaleur extrême, en passant au crible 1 803 catégories diagnostiques.
Il en ressort que des diagnostics habituellement associés à la chaleur – tels que les troubles rénaux ou liés à l’équilibre hydrique - occupaient une place prépondérante. Mais de façon plus originale, on retrouvait aussi les escarres, les éruptions cutanées non spécifiques, la sclérose en plaques et les troubles liés aux cannabinoïdes. En revanche, sans que les auteurs puissent l’expliquer, les varices des membres inférieurs constituaient le seul diagnostic circulatoire retenu.
Autre domaine souligné par cette étude, l’augmentation des traumatismes et des diagnostics comportementaux liés à la chaleur, avec un large éventail de diagnostics (plaies, blessures superficielles, intoxications, agressions…). En revanche, en dehors de l’impact sur le cannabis, "la plupart des diagnostics psychiatriques courants n’ont pas été retenus", précisent les auteurs.
Ils reconnaissent qu’en raison d’intervalles de confiance parfois faibles, ces résultats doivent être pris avec prudence. Cependant, ils concluent que "cette étude améliore la caractérisation clinique de la morbidité liée à la chaleur dans les établissements de soins aigus".
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