43 morts suspectes depuis l’incendie du CHU de Pointe à Pitre

26/03/2018 Par Sandy Bonin

Une enquête Europe 1 révèle que depuis l'incendie du 28 novembre 2017 au CHU de Pointe à Pitre, les moyens manquent de manière dramatique. Les patients décèdent faute de moyens pour pouvoir les prendre en charge.

Le collectif de défense du CHU a comptabilisé lui-même 43 décès supplémentaires en deux mois et demi, soit une augmentation de 31% par rapport à la même période l'année dernière. Ici, dorénavant, on parle de "médecine de guerre". C'est pour cela que la nouvelle directrice de l'Agence régionale de santé (ARS) a été choisie. Valérie Denux est médecin militaire. Sur le parking, à la place des ambulances, de grandes tentes blanches ont été installées. Les malades y patientent parfois plusieurs jours. Beaucoup d’appareils brûlés lors de l’incendie n’ont pas été remplacés. Un homme de 70 ans, arrivé au CHU pour un AVC est décédé faute de moyens pour pouvoir l’opérer. Les médecins ont été optimistes dans un premier temps, mais quelques heures plus tard, le CHU a annoncé brutalement sa mort à sa fille Valérie. Cette dernière raconte : "Un interne nous a répondus en disant qu'il était au poste opératoire et que, malheureusement, il n'y avait pas suffisamment de matériel pour opérer. Je suis effondrée." Des morts comme celle-là, les médecins en recensent tous les jours. Comme celle de cette jeune femme de 22 ans, opérée pour une banale infection du rein et qui est morte parce qu’il n’y avait plus qu’une seule bouteille d’oxygène dans le bâtiment. Ou il y a encore cet anesthésiste qui a choisi de garder les deux ampoules d’adrénaline qu’il lui restait car sa patiente était dans un état critique énumère Europe 1. Au service de néonatalogie, les chiffres aussi sont dramatiques : dix bébés sont morts à cause du matériel ou des secousses pendant les transferts. Un tiers des 3 300 employés sont en arrêt maladie. De plus en plus de médecins démissionnent ou s’apprêtent à le faire, d’autres quittent la Guadeloupe. Quant aux médecins qui doivent eux-mêmes se faire soigner ou accoucher, ils choisissent de partir en métropole. [Avec europe1.fr]

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

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