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Comment une fille de charron est devenue la première femme médecin française

A la fin du XIXème siècle, la jeune Madeleine Gebelin aspire à devenir médecin. Mais à cette époque, les facultés de médecine sont inaccessibles aux femmes, encore plus à une petite provinciale, fille de charron comme Madeleine. Mais à force de détermination et avec quelques soutiens, elle réussira à forcer toutes les portes et à devenir, en 1875, la première femme médecin française. Google célèbre aujourd'hui l'anniversaire de sa naissance.

 

Article initialement publié le 13 novembre 2015

 

Madeleine Gebelin est née le 25 novembre 1842 dans le Gard, à Bouillargues. Son père, charron et maréchal-ferrant, est régulièrement appelé à Nîmes pour réparer les voitures de l'hôpital. Madeleine, qui n'a même pas dix ans, l'accompagne à chaque fois. Elle est fascinée par l'hôpital. Elle adore se promener dans les couloirs, discuter avec les patients et elle observe avec admiration le travail des médecins et des infirmières.

Une religieuse de l'hôpital prend sous son aile cette enfant vive d'esprit et très curieuse. Elle lui apprend les rudiments du métier d'aide-soignante. Madeleine, qui a tout juste une dizaine d'années, commence donc à approcher les malades, leur apporte les repas et des boissons et parfois change même quelques pansements. Pour cette enfant, c'est une révélation : elle deviendra médecin. Mieux, elle se consacrera à soigner les femmes et les enfants.

 

Elle prépare le bac en candidate libre

Mais le couple Gebelin a d'autres projets pour la petite fille. A quinze ans, ils la marient à Adrien Brès, un conducteur d'omnibus originaire de Lozère. Le couple s'installe à Paris et Madeleine se résigne à endosser le rôle d'épouse et de mère de famille. A 24 ans, elle a donné naissance à trois enfants. Mais la jeune femme, qui sait parfaitement lire et écrire, s'ennuie à la maison et n'a toujours pas abandonné l'idée de devenir médecin.

Elle décide alors de tenter le tout pour le tout et va frapper à la porte de Charles-Adolphe Wurtz, doyen de la faculté de médecine de Paris. Ce dernier, séduit par l'audace de la jeune femme, accepte d'écouter sa requête. Mais il ne peut rien faire tant qu'elle n'a pas son baccalauréat. Le bac, qui vient tout juste d'être ouvert aux femmes, n'est dans les faits accessible qu'aux filles de grandes familles. Mais il en faut plus pour arrêter Madeleine Brès. Comme aucun établissement n'accepte de l'inscrire, elle prépare l'examen seule et se présente en candidate libre avec l'accord de son époux, condition juridique sine qua non pour obtenir le diplôme.

Trois ans plus tard, en 1868, un bac scientifique en poche, elle revient auprès du doyen Wurtz. Ce dernier aimerait bien l'aider, mais à cette époque les universités de médecine sont fermement interdites aux femmes. Et les opinions des médecins sur le sujet ne vont pas vraiment dans le sens d'une ouverture. Comment une femme, donc particulièrement sensible, pourrait-elle tenir le choc devant des blessés découpés et ensanglantés ? Comment pourrait-elle...

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