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Ils ont fermé la maternité, la chirurgie, et maintenant les urgences de nuit… La lente agonie d'un terroir

Morceau par morceau, les petits hôpitaux de Bourgogne font les frais des réorganisations territoriales. N'enregistrant qu'une trentaine de passages par jour quand ceux des grands centres sont débordés, ces petits services d'urgence sont priés d'"adapter" leurs horaires et leurs effectifs. Pour les élus locaux, le manque d'urgentistes n'est qu'un "affreux prétexte" pour ne pas prendre le problème de la désertification médicale à bras le corps. Se sentant abandonnés par l'Etat, 70 maires, adjoints et conseillers de la Nièvre viennent de démissionner.

 

Un à un, ils sont venus déposer leur écharpe tricolore devant le buste de Marianne. Le 22 février dernier, dans un baroud d'honneur pour "la République en milieu rural", 70 élus locaux de la Nièvre (maires, adjoints, conseillers départementaux…) ont remis leur démission au préfet. "Face à un détricotage brutal de ses services publics, la résilience de la Nièvre a aujourd'hui atteint ses limites", annonce le maire de Varzy, Gilles Noël, dans une lettre ouverte au Premier ministre.

Le coup de grâce ? Le projet de fermeture des urgences de nuit de l'hôpital périphérique de Clamecy, 3.800 habitants, trois ans après la fermeture de la maternité et de la chirurgie. En cas d'urgences survenant entre minuit et 8 heures du matin, les habitants des communes alentours devront se rendre jusqu'à Auxerre, à 1 heure de route.

 

30 passages par jour, dont 5 à 6 la nuit

 

Le SAU de Clamecy n'est pas le seul dans le collimateur de l'ARS Bourgogne-Franche Comté. Les urgences de nuit de Decize (Nièvre), Tonnerre (Yonne), Chatillon-sur-Seine (Côte-d'Or), et Gray (Saône-et-Loire) pourraient également faire les frais du projet régional de santé 2018-2022, qui vise à "adapter" les horaires d'ouverture et les effectifs sur ces sites de faibles activités.

"Ces services enregistrent en moyenne moins de 30 passages par jour, dont 5 à 6 la nuit et 2 entre minuit et 8 heures du matin", détaille le Dr Anne Lecoq, conseillère médicale à la direction de l'offre de soins de l'ARS. Trop peu pour justifier la présence 24h/24 de deux urgentistes, estime l'ARS. D'autant que les urgentistes...

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