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"Quelle médecine libérale voulons-nous dans 10 ans ?" : la CSMF dévoile sa vision à l'approche de la présidentielle
A l'occasion de ses 32e Universités, qui se sont déroulées à La Baule (Loire-Atlantique) du 1er au 3 octobre, la CSMF a publié un manifeste et un livre blanc portant 14 grandes propositions pour asseoir la place de la médecine libérale dans le système de santé de demain.
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Ils ont été remis à la ministre de la Santé et seront adressés à l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle. A sept mois d'une "échéance électorale majeure", et alors que le système de santé "arrive à un moment décisif", la CSMF a dévoilé vendredi son "manifeste pour une médecine libérale forte, innovante, responsable et solidaire", assorti d'un livre blanc qui traduit sa vision en propositions concrètes (voir encadré). Durant des mois, les cadres et adhérents ont planché pour répondre à une "question centrale" : "quelle médecine libérale voulons-nous demain?"
Opposé à toute mesure de contrôle ou de contrainte, le syndicat propose "un nouveau contrat de confiance entre les médecins, les patients et les pouvoirs publics". "Aucun système ne peut fonctionner durablement contre ses médecins", explique-t-il en préambule. Mais "la confiance n'est pas un chèque en blanc", a martelé le Dr Franck Devulder, président de la confédération, tout au long de ces Universités. Elle va de pair avec la "responsabilité".
Au lieu de "subir" les "transformations" (vieillissement de la population, maladies chroniques, nouvelles attentes des patients, mutation démographique, pratiques avancées, IA, financiarisation…) et "laisser d'autres dessiner à notre place le rôle du futur médecin", la CSMF prend les devants pour dessiner le futur et asseoir la place de la médecine libérale. "Nous refusons de nous résigner à une médecine organisée par la pénurie, administrée par la contrainte", lance le syndicat. "Nous refusons également l'idée selon laquelle la médecine libérale appartiendrait au passé. Nous affirmons exactement le contraire. Une médecine libérale forte est l'une des conditions de l'avenir de notre système de santé", clame-t-il.
Ce faisant, la CSMF entend tourner la page d'un "syndicalisme uniquement défensif". "Défendre les médecins ne consiste pas seulement à préserver leurs conditions d'exercice, c'est leur permettre de continuer à exercer pleinement leur responsabilité dans la société", considère la confédération, dont le livre blanc ne constitue pas "un catalogue de revendications" mais bien "un projet".
Les 14 propositions :
-Soigner davantage, soigner autrement pour soigner plus et mieux : stratégie nationale des parcours chroniques et des polypathologies, reconnaître le temps de synthèse, d'arbitrage et de coordination… ;
-Anticiper l'évolution de la démographie médicale : créer un observatoire partagé, réaliser des projections à 10 et 15 ans… ;
-Construire l'accès aux soins dans les territoires : faire des CPTS des outils de projets et de parcours, soutenir le développement des ESS… ;
-Redonner du temps médical au patient : évaluer l'impact sur le temps médical de toute nouvelle norme ou outil numérique, supprimer les redondances administratives… ;
-Coordonner sans diluer le rôle du médecin : conférence nationale sur l'évolution des métiers du soin, reconnaître le médecin comme garant de la pertinence, de la continuité et de la décision complexe, évaluer l'impact des IPA… ;
-Faire de la prévention la première politique de santé : stratégie pluriannuelle de prévention, rémunérer le temps de prévention…;
-Innover pour humaniser la médecine : garantir l'explicabilité et la responsabilité dans les décisions assistées par algorithme… ;
-Reconnaître l'expertise, la responsabilité et la juste valeur du soin : indexer la valeur des actes sur l'évolution des charges, graduer les consultations selon la complexité, la responsabilité et le temps…
-Faire de l'entreprise médicale un outil d'indépendance : créer un statut économique de l'entreprise médicale libérale, interdire les dispositifs de rémunération interne susceptible d'altérer l'indépendance, former les médecins à la gestion…
-Rendre l'exercice libéral attractif à chaque âge de la vie professionnelle : programme national de compagnonnage, expérimenter un salariat transitoire de jeunes médecins…
-Construire une santé durable et responsable : intégrer l'impact environnemental dans les recos, réduire les examens redondants…
-Garantir l'accès à l'expertise dont le patient a besoin : samedi matin dans la PDSA, voies d'accès rapide au deuxième recours pour les médecins de premier recours…
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