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Ni "burne out" ni "game ovaire" : ces médecins dénoncent avec humour la désertification de leur ville

L'association des médecins de la ville d'Auch, dans le Gers, a adressé une lettre aux élus et à l'ARS pour alerter sur la baisse inquiétante du nombre de praticiens, généralistes et spécialistes, installés dans la commune. 

04/02/2025 Par Chloé Subileau
Démographie médicale
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En 2010, la ville d'Auch dans le Gers comptait 28 médecins généralistes. En 2025, ils ne sont plus que 13, et leur nombre devrait tomber à moins de 10 d'ici la fin de l'année. Une situation que les praticiens de cette commune de plus de 20 000 habitants dénoncent dans une lettre adressée à plusieurs élus – dont le maire -, au directeur de l'ARS et au Président de la République.  

"Nous n'avons pas pour habitude d'inciter à la consommation excessive en cette période mais nous allons faire une exception : vous reprendrez bien un peu de désert ? Médical, cela va de soi", écrivent les médecins de la commune dans cette missive du 29 janvier, validée par l'Association des médecins du secteur d'Auch (Amsa) et citée par La Dépêche.  

"Nous arrivons à saturation" 

Ce courrier, bien qu'écrit avec un brin d'humour, dresse un état des lieux inquiétant. Si les médecins généralistes de la ville d'Auch connaissent une baisse de leur effectif, c'est aussi le cas des autres spécialités installées dans la commune. Les pédiatres libéraux, qui étaient cinq en 2010, ont disparu, tout comme les gastro-entérologues libéraux (de trois en 2010, à zéro en 2024). De plus, la commune ne compte plus qu'un ORL libéral, contre trois en 2010. Elle est également passée à quatre psychiatres libéraux, contre 18 en 2010, liste La Dépêche

Face à ce constat, "nous arrivons […] à saturation", alerte l'Amsa dans sa lettre, cosignée par le président du conseil départemental de l'Ordre des médecins. "Demandez aux urgences de l'hôpital d'Auch, qui ne vont pas bien non plus", ajoute l'association.  

"Si rien ne se passe, sachez que nous ne sommes pas candidats à la couille qui dépasse (burne out) pour les médecins hommes, ni au game ovaire (burne out aussi, mais plus féminin), pour les médecins femmes", conclut l'Amsa qui, malgré l'humour, souhaite insister sur l'urgence de la situation.  

[avec La Dépêche

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