@prostooleh/Stock.adobe.com
Accueil des internes, Padhue... Les cliniques ne veulent plus être exclues des missions universitaires
À sept mois de l'élection présidentielle, la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) a présenté 15 propositions "pour transformer durablement notre système de santé". Outre les enjeux de soutenabilité et d'attractivité des métiers, la fédération souhaite s'attaquer au sujet de la formation.
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"La France dispose d'un système hospitalo-universitaire d'excellence, mais celui-ci demeure largement construit autour des seuls CHU et établissements publics. Pourtant, les établissements de santé privés assurent une part essentielle de l'activité de soins dans de nombreuses spécialités, disposent de plateaux techniques de premier plan, accueillent déjà des internes dans certaines disciplines et participent à la recherche clinique", pointe la FHP dans son livret "Santé 2027, le devoir d'agir". Un document faisant office de cahier de doléances en vue de l'élection présidentielle.
À l'intérieur, 15 propositions pour "transformer durablement notre système de santé". Un projet ambitieux qui repose sur quatre axes : garantir la soutenabilité de notre système de santé, assurer un accès aux soins pour tous et partout sur les territoires, transformer le système de santé par l'innovation et, enfin, attirer, former et fidéliser les professionnels de santé. C'est dans ce dernier volet que s'inscrit la proposition de la FHP d'universitariser les établissements de santé privés pour "créer un continuum de formation, de recherche et d'innovation". Une mesure qui doit s'accompagner d'un grand plan de formation et de recrutement.
Aujourd'hui, les établissements de santé privés demeurent "largement exclus des missions universitaires", constate la FHP, citant de nombreux freins : "accueil limité des étudiants", "absence de chefs de clinique", "faible participation aux parcours doctoraux", "difficulté à développer des équipes mixtes d'enseignement et de recherche".
L'organisation actuelle, reposant essentiellement sur les CHU, "ne correspond plus à la réalité du système de santé", estime la FHP. "Elle prive les universités de nouvelles capacités de formation, freine le développement de la recherche clinique et entretient un cloisonnement entre secteurs public et privé qui n'a plus de justification lorsque les exigences de qualité sont identiques." Pour la fédération, la France devrait désormais "reconnaître que l'excellence hospitalo-universitaire peut s'appuyer sur l'ensemble des établissements de santé capables de remplir les mêmes missions d'enseignement et de recherche".
Comment ? En créant une labellisation de site hospitalier universitaire partenaire, qui permettrait aux cliniques répondant aux critères scientifiques et pédagogiques de "devenir des composantes de l'université publique pour certaines activités". Ces structures pourraient accueillir des étudiants (externes ou internes) mais aussi des chefs de clinique-assistants, des assistants hospitalo-universitaires, des doctorants, etc.
"L'objectif n'est pas de créer des universités privées de médecine", assure la FHP, mais de s'appuyer sur "les meilleurs établissements", et ce "quel que soit leur statut juridique".
Pour mettre en œuvre cette mesure, la FHP suggère de lancer une "expérimentation pilote de sites hospitaliers universitaires privés sur certains services avec quelques établissements privés répondant à des critères exigeants". Il convient, en outre, de lever les freins à l'accueil des internes dans le privé. Les cliniques souhaitent par ailleurs pouvoir accueillir des Padhue.
Outre cette mesure, la FHP appelle de nouveau à adopter une loi de programmation en santé, à évaluer "chaque euro dépensé dans le système de santé à l'aune du service rendu" au patient, et à accélérer la transformation écologique dans ce domaine. Sur le sujet de l'accès aux soins, la FHP défend l'instauration d'un pacte territorial de responsabilité en santé, associant hôpitaux, cliniques et médecins de ville notamment. Il prendra la forme "d'un contrat contenant les engagements de chacun", lit-on dans le document.
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