@Jose R.Vazquez/stock.adobe.com
Les ALD représentent 67 % des dépenses de santé remboursables en 2025
Dans une étude sur le coût des affections de longue durée pour l'Assurance maladie, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) calcule que les ALD ont représenté 20 milliards d'euros de dépenses en 2025. Les bénéficiaires des ALD représentaient 22 % des assurés, mais 67 % des dépenses de santé remboursables en 2025.
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En France, 15 millions de personnes étaient bénéficiaires du dispositif "affection de longue durée" (ALD) en 2025, soit 22 % des assurés de l’assurance maladie obligatoire (AMO), calcule la Drees dans un rapport sur le coût de ce dispositif, publié ce mercredi 7 octobre. Les bénéficiaires de l’ALD représentaient 67 % des 189 milliards d’euros de dépenses de santé remboursables au sens de l’AMO (dépenses en lien avec l’ALD et hors lien confondues). La dépense remboursable par assuré était ainsi sept fois plus élevée pour les assurés en ALD que pour les autres assurés, constate le rapport.
En 2025, la part des dépenses des assurés en ALD en lien avec leur pathologie était de 71 %, soit un montant remboursable de 90 milliards d’euros intégralement pris en charge par l’Assurance maladie. Le surcroît de prise en charge, lié à l’exonération du ticket modérateur, est évalué par la Drees à 19,7 milliards d’euros en 2025, soit environ 1 300 euros par bénéficiaire. Il représente 10,4 % de l’ensemble des dépenses remboursables par l’AMO. Ce montant a progressé de 72 % depuis 2015, passant de 11,5 à 19,7 milliards d’euros, soit une hausse moyenne de 5,5 % par an, nettement supérieure à celle de l’ensemble de la dépense courante de santé.
Entre 2015 et 2025, le taux de remboursement par l’AMO a augmenté de 0,2 point pour les assurés en ALD (de 89,5 % à 89,7 %), en tenant compte des franchises, des participations forfaitaires et des dépassements d’honoraires. En revanche, pour les autres assurés, ce taux de remboursement a baissé de 3,4 points (de 62,2 % à 58,9 %).
Cette progression des dépenses s’explique d’abord par l'augmentation du nombre de personnes concernées. Le vieillissement de la population et la hausse de la prévalence de certaines maladies représentent ensemble 25 % de l'augmentation du coût du dispositif entre 2015 et 2025. Le seul effet du vieillissement contribue à hauteur de 12 %, tandis que l'augmentation de la prévalence des ALD à âge constant représente 9 %.
Le diabète constitue l’ALD la plus fréquente, avec 4 millions de personnes concernées en 2025, soit 27 % des bénéficiaires. Il est suivi par les cancers, qui concernent 2,8 millions de personnes (18 %), puis les affections psychiatriques de longue durée, avec 1,8 million de bénéficiaires (12 %). Les trois catégories d’ALD cardiovasculaires représentent, quant à elles, 4,2 millions de personnes.
Les six ALD les plus fréquentes concentrent à elles seules 64 % du coût du dispositif. Les cancers et le diabète représentent chacun environ 3,8 milliards d’euros, tandis que les affections psychiatriques de longue durée pèsent 1,1 milliard. Les pathologies cardiovasculaires représentent au total 3,9 milliards d’euros.
Hausse des prix, innovations...
Les facteurs liés au coût moyen des traitements par patient contribuent à hauteur de 37 % à la hausse du coût du dispositif entre 2015 et 2025. La Drees cite notamment l'évolution des prix, les innovations thérapeutiques, l'amélioration de la survie des patients et l'observance des traitements. De nouveaux traitements innovants sont notamment apparus dans plusieurs maladies chroniques, tandis que l'allongement de la survie des patients atteints de cancer augmente mécaniquement la durée de prise en charge.
Les séjours de médecine, chirurgie et obstétrique dans les établissements publics et les médicaments ambulatoires représentent à eux seuls environ la moitié du coût du dispositif. Les transports sanitaires, qui ne représentent que 3 % des dépenses remboursables totales, comptent pour 7 % du coût de l’ALD, soit 1,4 milliard d’euros.
La montée en charge des ALD contribue significativement à l'augmentation de la part des dépenses de santé financées par les administrations publiques. En 2025, celles-ci finançaient 77,4 % de la dépense courante de santé, contre 75,2 % en 2015.
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