@eunikas/stock.adobe.com
30 euros de plus pour avoir accès à un médecin en moins de 48 heures : ce centre de santé privé fait polémique
Un troisième centre médical Celsius Santé ouvrira ses portes à Paris en septembre. L'établissement promet des rendez-vous en moins de 48 heures moyennant un supplément de 30 euros en plus des honoraires médicaux. Un modèle qui suscite de vives critiques.
@eunikas/stock.adobe.com
C'est une nouvelle ouverture qui fait parler. En septembre prochain, un troisième centre médical privé Celsius Santé va sortir de terre. On y propose des rendez-vous en moins de 48h, à condition de payer plus cher : 30 euros en plus des honoraires médicaux. Il y est également possible d'obtenir des examens de radiographie et des prélèvements sanguins. Les deux premiers centres ont déjà enregistré plus de 20 000 consultations, selon Le Parisien.
Sur le site internet, on constate également qu'un programme de suivi personnalisé post consultation est proposé. Il permet d'être "contacté par SMS dans les 48 à 72 heures après votre visite pour faire un point sur votre état de santé et apprécier si une nouvelle consultation (sans frais supplémentaires) est nécessaire." Celsius santé propose également la "mise à disposition post-consultation de comptes-rendus papiers et de fiches conseils rédigées par des médecins pour la prise en charge de certaines pathologies traitées en médecine générale (angine par exemple)."
Sur le sujet, a maire du 12e arrondissement, Lucie Castets, a porté un texte adopté à l'unanimité par le conseil de Paris pour dénoncer une "financiarisation de la santé". L'élue apparentée écologiste demande la suspension de l’ouverture du centre médical afin que soient réalisés des contrôles par l'ARS et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
"La rapidité d'accès devient un privilège"
"Ce projet porte de nombreux risques, il illustre un phénomène que nous devons combattre collectivement : l'installation d'un système de santé à deux vitesses, une santé pour celles et ceux qui peuvent payer, une autre pour les autres", souligne Lucie Castets, citée par Le Parisien. Une santé où l'on ne soigne plus selon les besoins mais selon les moyens, une santé où la rapidité d'accès devient un privilège."
L'UFMLS a également réagi à ce sujet : "Les médecins libéraux pourraient s’interroger sur la construction ainsi faite d’une inégalité…", ont-ils indiqué, par voie de communiqué. L'organisation dénonce un modèle fondée par des personnes "sans aucune connaissance médicale" qui "se servent des difficultés d’accès au soin pour gagner de l’argent sans rien faire, en laissant la responsabilité aux médecins qui y travaillent." "L’UFMLS rappelle que les médecins libéraux sont des professions indépendantes qui n’ont pas vocation à être des rabatteurs pour entrepreneurs sans scrupule", conclut le communiqué.
"Notre modèle est innovant, il est normal qu'il suscite de l'incompréhension. Nous soignons avant tout comme un cabinet médical classique avec des médecins libéraux conventionnés secteur 1, sans dépassement d'honoraires", indique Gaspard Mille, le cofondateur de Celsius Santé. Les patients qui le souhaitent peuvent avoir accès à une prise en charge rapide et un suivi […] mais c'est une offre de service additionnelle et optionnelle qui découle d'un constat initial de temps d'attente trop long pour les soins non programmés en médecine de ville et aux urgences hospitalières."
[avec Le Parisien]
La sélection de la rédaction