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Les industriels du vapotage vent debout contre une étude américaine

Les industriels de la cigarette électronique ont réagi vivement à la publication d’une étude dans Pnas le 29 janvier dernier, réalisée par des chercheurs new-yorkais. Ces travaux réalisés sur des animaux et des cellules humaines suggéraient, en effet, que le vapotage pourrait accroître le risque de développer certains cancers et maladies cardiovasculaires.

La Fivape (Fédération interprofessionnelle de la vape) "réfute l'interprétation souvent maladroite de ces études, tout comme elle condamne les hypothèses retenues pour leur réalisation par rapport aux conditions réelles d'utilisation de la vape et des e-liquides", écrit-elle dans un communiqué. Elle critique en particulier les modalités de cette étude, réalisée sur un petit effectif de souris (10) génétiquement modifiées.

Les chercheurs ont exposé ces rongeurs aux fumées de nicotine et de certains de ces dérivés issus du vapotage, en particulier la nitrosamine, pendant douze semaines. Selon les auteurs, elles ont aspiré l’équivalent en dose et durée à dix ans de vapotage pour les humains. Or pour la Fivape, "les conditions retenues pour cette étude reviennent à faire vapoter à des souris 3 heures par jour 20 000 bouffées chargées en nicotine, là où l'humain inhale dans une utilisation moyenne entre 200 et 300 bouffées par jour réparties sur 15 h. Même à concentration en nicotine 16 fois inférieure, la possibilité d'une transposition des conclusions de cette étude à l'humain n'est pas faible, elle est juste aberrante". De son côté, Sébastien Roux, directeur de la recherche et développement chez Gaïatrend, leader des fabricants d'e-liquide avec sa marque Alfaliquid, se dit "surpris des propos tenus" par cette étude.

"La composition du e-liquide n'est pas précisée, la présence ou non d'arôme et d'alcool n'est pas spécifiée ; aucune précision n'est également donnée sur la qualité des matières premières utilisées pour le e-liquide; la dose appliquée aux souris est excessive, équivalentes à 106 fois la dose journalière d'un consommateur normal et le choix des souris est également remis en question car elles sont sensibles à l'asthme", argumente Sébastien Roux.

Pour la Fivape, "le tabac est la première cause de décès évitable dans notre pays et tue 78 000 personnes chaque année. Les produits du vapotage sont une solution de réduction des risques porteuse d'espoir. Les professionnels de santé les plus sachants sur le sujet la conseillent systématiquement".

Si de nombreuses recherches ont été réalisées ou sont encore en cours concernant les effets à long terme sur la santé du vapotage, leurs conclusions ne sont pas homogènes. Les experts considèrent globalement qu’il s’agit d’une aide intéressante dans le cadre du sevrage tabagique. Cependant, d’autres sources suggèrent que la e-cigarette peut être addictive et constituer une porte d’entrée vers le tabagisme classique. Et les données actuelles sont insuffisantes pour estimer les dangers à long terme de ce dispositif. Un rapport récent (Académies américaines des sciences, des technologies et médecine, 23 janvier 2018) conclut ainsi que "les effets sanitaires à long terme ne sont pas clairs" et que "à ce stade, on ignore si la cigarette électronique a un impact positif ou négatif sur la santé publique".

Sources : 

AFP

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