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Les apnées du sommeil augmentent le risque de goutte

Les personnes en surcharge pondérale ou obèses ont un risque plus important de développer un syndrome des apnées obstructives du sommeil (SAOS) mais aussi de présenter une hyperuricémie responsable de crises de goutte. Mais pour la première fois, une étude révèle qu’il existe aussi un lien indépendant entre ces deux pathologies, le syndrome des apnées du sommeil augmentant directement le risque de goutte, indépendamment des facteurs de risque traditionnels de cette affection métabolique.

Publiée dans la revue de la société américaine de rhumatologie, Arthritis & Rheumatology, cette étude s’appuie sur une base de données britannique, The Health Improvement Network, pour recenser les patients chez lesquels un diagnostic de SAOS a été posé pour la première fois il y a moins d’un an. Chacun de ces patients a été apparié à 5 autres patients non apnéiques, selon le sexe, l’année de naissance, l’indice de masse corporelle. La relation entre un SAOS et une goutte a été étudiée par un modèle à risque proportionnel (méthode de Cox).

Parmi les 9.865 patients apnéiques et les 43.598 témoins, 270 cas de goutte ont été recensés durant l’année de suivi, 76 parmi les apnéiques, 194 parmi les témoins, soit une incidence de respectivement 8.4/1000 et 4.8/1000 personne-années dans chacun des deux groupes. En comparaison du groupe témoin, le risque de goutte chez les apnéiques était augmenté de 70% (RR = 1.7, IC 95% = 1.3 – 2.2), ceci même après ajustement en fonction de facteurs confondants tels que la consommation d’alcool et diverses comorbidités.

Mais même en comparaison du risque de goutte observé chez des sujets traditionnellement à risque, notamment les obèses (IMC moyen de 32.2), le risque de goutte chez les patients apnéiques était augmenté de 60%. Selon les auteurs, le SAOS, via l’hypoxie qu’il provoque, créé une accélération du turnover des nucléotides puriques et donc une production plus importante d’acide urique responsable des crises de goutte.

Traiter le SAOS par pression positive continue permet-il de diminuer la fréquence des crises de goutte ? La question est désormais posée !

 

Sources : 

Yuqing Zhang et coll. Sleep Apnea and the Risk of Incident Gout: A Population-Based Body Mass Index-Matched Cohort Study. Arthritis & Rheumatology, 2015, article mis en ligne le 19 octobre. DOI: 10.1002/art.39330

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/art.39330/abstract

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