L’inhibition de BRAF et de ME est efficace chez les patients présentant un craniopharyngiome papillaire de diagnostic récent

08/08/2023 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
Vignette
Les craniopharyngiomes, tumeurs cérébrales primitives bénignes de la région hypothalamo-hypophysaire, peuvent être à l’origine de séquelles parfois sévères. Le traitement chirurgical, combiné ou non à la radiothérapie, est souvent associé à une morbidité importante liée à des troubles visuels, à des désordres hormonaux hypophysaires ou à une obésité hypothalamique et à des troubles mnésiques.

On décrit deux types histologiques de craniopharyngiomes : les craniopharyngiomes adamantins, plutôt rencontrés chez l’enfant, et les craniopharyngiomes papillaires, plutôt rencontrés chez l’adulte. Le génotypage a montré que plus de 90 % des craniopharyngiomes papillaires sont porteurs de la mutation V600E de BRAF, ce qui en fait une cible intéressante pour un traitement par inhibiteurs de BRAF et de MEK (comme on les utilise avec succès dans les cancers thyroïdiens porteurs de ces mutations) mais on dispose de peu de données concernant l'innocuité et l'efficacité de l'inhibition de BRAF-MEK chez les patients atteints de craniopharyngiomes papillaires qui n'ont pas subi de radiothérapie préalable. L’étude a porté sur 16 patients porteurs de craniopharyngiomes papillaires testés positifs pour les mutations de BRAF (car ils avaient été opérés ou biopsiés) et qui gardaient un reliquat mesurable. Ils ont reçu la combinaison d'inhibiteurs de BRAF-MEK vemurafenib-cobimetinib en cycles de 28 jours. Le principal critère d'évaluation de cette étude de phase 2 à groupe unique était la réponse objective à 4 mois, déterminée à l'aide de données volumétriques déterminées de manière centralisée. Sur les 16 patients de l'étude, 15 (94 %) ont eu au moins une réponse partielle objective durable au traitement. La réduction médiane du volume de la tumeur a été de 91 % (extrêmes : 68 à 99%). Le suivi médian a été de 22 mois et le nombre médian de cycles de traitement de 8. La survie sans progression était de 87 % (IC 95% = 57 à 98) à 12 mois et de 58 % (10 à 89) à 24 mois. La maladie a progressé chez 3 patients au cours du suivi après l'arrêt du traitement ; aucun n'est décédé. Le seul patient qui n'a pas eu de réponse avait arrêté le traitement au bout de 8 jours en raison d'effets toxiques. Des événements indésirables de grade 3 qui étaient certainement ou possiblement liés au traitement sont survenus chez 12 patients, y compris des éruptions cutanées chez 6 patients. Chez 2 patients, des événements indésirables de grade 4 (hyperglycémie chez 1 patient et augmentation des taux de créatine kinase chez 1 patient) ont été rapportés ; 3 patients ont arrêté le traitement en raison d'événements indésirables. Dans cette petite étude à groupe unique impliquant des patients atteints de craniopharyngiomes papillaires, 15 des 16 patients ont eu une réponse au moins partielle à la combinaison d'inhibiteurs de BRAF-MEK vemurafenib-cobimetinib.

Vignette

Médecins, faut-il signer l'accord conventionnel proposé par la Cnam?

Lilia Boyeldieu

Lilia Boyeldieu

Non

Convention inacceptable sur le plan déontologique avec financiarisation des décisions médicales. Dégradation de la qualité des soi... Lire plus

0 commentaire





La sélection de la rédaction

Podcast Vie de famille
Jumelles et médecins généralistes : "L'idée, c'était d'avancer ensemble"
15/04/2024
0
Rémunération
"Les pouvoirs publics n'ont plus le choix" : les centres de santé inquiets de l'avenir de leur modèle...
07/05/2024
1
Infirmières
Les infirmières Asalée sauvées?
16/04/2024
2
Pneumologie
Asthme de l’enfant avant 3 ans : une entité particulière
19/04/2024
0
Neurologie
Syndrome de Guillain-Barré : une urgence diagnostique et thérapeutique
04/04/2024
0
Santé publique
Ce qui se cache derrière la hausse inquiétante de l'infertilité
13/03/2024
17