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Pourquoi seuls 15% des médecins spécialistes prennent en charge la transidentité

En France, près de 23 000 personnes bénéficieraient d'une prise en charge médicale "au titre d'un diagnostic de transidentité ou dysphorie de genre". Un chiffre approximatif tant le parcours médical des personnes transgenres reste, encore aujourd'hui, semé d'embûches. La raison : bon nombre de professionnels de santé refusent d'assurer cette prise en charge.

16/09/2026 Par Pauline Bluteau
Enquête
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Le sujet fait grincer des dents. "Éminemment politique", cible de "détracteurs très véhéments", "peur de se faire afficher" ou que "les médias extrapolent des idées reçues"… Autant de raisons – nombreuses – mises en avant par les médecins que nous avons contactés et qui n'ont pas souhaité répondre ou ont préféré avoir recours à l'anonymat face au sujet de la transidentité. Un climat assez peu serein qui en dit déjà long sur les pratiques de terrain. "L'accès aux soins de transition ne constitue pas un 'confort' mais un enjeu vital en termes de bien-être, d’image de soi, de vie personnelle, de santé globale et aussi de vie sociale", rappelait la Haute Autorité de santé (HAS) en juillet 2025, dans ses recommandations(1) sur la prise en charge de la transidentité de l’adulte. Un an plus tard, le tabou n'a, semble-t-il, pas cessé.

Il y a vingt ans, Pascale Destrousse entamait sa transition féminine. "C'était une autre époque", plaisante-t-elle. Car la transidentité était alors considérée comme une maladie psychiatrique. Pour être pris en charge dans son parcours de soin (transition hormonale ou chirurgicale, notamment) par l'Assurance maladie, le patient devait obligatoirement être suivi par un psychiatre, se souvient-elle. Or, depuis 2010, on assiste en France à la dépsychiatrisation de la transidentité. Ce que la HAS est contrainte de rappeler dans son rapport, assurant que "dans tous les cas, l'identité de genre ne doit pas faire l'objet d'une évaluation psychiatrique spécifique". Une barrière en moins, et pourtant…

Lorsqu'elle regarde autour d'elle, Pascale Destrousse constate que la réalité est bien différente. Car les parcours de soins ne sont pas complexes, ils sont souvent absents, faute de professionnels de santé formés à la prise en charge de la transidentité. Elle pointe particulièrement la non prise en charge de la transition hormonale, dont les spécialistes "référents" en la matière ne sont autres que les endocrinologues.

Transition hormonale : 85 % des spécialistes disent "non"

Il y a un peu plus d'un an, Pascale Destrousse a tenté de documenter ces difficultés d'accès aux soins. Elle contacte, explique-t-elle à Egora, tous les endocrinologues (environ 2 000 en France) par mail, téléphone ou via Doctolib, avec une seule question : "Prenez-vous en charge les transitions hormonales ?" Et les résultats sont peu encourageants : "Seuls 298 assurent prendre en charge les traitements hormonaux pour les personnes trans, en initiation et suivi ou uniquement en suivi et renouvellement", nous indique-t-elle, tableaux à l'appui. Seuls 15 % des spécialistes prennent donc en charge les transitions hormonales en France. "Je ne m'attendais pas du tout à ça, poursuit Pascale Destrousse. Je pensais que ce serait plutôt un sur deux. Et parmi les 85 % qui ne la prenaient pas en charge, je pensais qu'ils le faisaient peut-être de façon exceptionnelle. Mais pas du tout : ils refusent !" Tout simplement.

Des spécialistes surchargés

Après vérification, certains spécialistes – peu en réalité – affichent clairement leur position sur Doctolib. "Le Dr… ne prend pas en charge la transidentité", "Le Dr… ne traite pas les troubles liés au genre (dysphorie de genre, changement de sexe)" ou encore "Le Dr... ne prend pas en charge la transition de genre". "Ils semblent déjà très pris par le diabète et la thyroïde, des maladies qui concernent, en effet, plus de patients que la transidentité [4 millions de diabétiques et 3 millions sous Levothyrox, NDLR]", confirme Pascale Destrousse. Il faut dire que cette spécialité médicale se veut assez large. Le DES regroupe l'endocrinologie, la nutrition et la diabétologie. Sur Doctolib, il n'est donc pas rare non plus de voir des spécialistes afficher la prise en charge "uniquement" des patients atteints de troubles alimentaires ou de troubles du sommeil, de diabète ou d'obésité.

"Nous ne sommes pas assez nombreux pour prendre en charge les pathologies chroniques de notre spécialité. La transidentité ajoute 'une charge' non négligeable", estime la Dre G*. Cette endocrinologue exerçant dans le Gard a pourtant commencé, dans les années 2000, à prendre en charge les patients trans [qui désignent des personnes vivant et/ou s'identifiant dans un genre différent de celui associé au sexe qui a été constaté à la naissance, d'après la HAS, NDLR]. Aujourd'hui encore, elle fait figure d'exception. "Peu d'endocrinologues s'en occupent, parce que nos délais sont déjà longs. Dans mon cabinet, par exemple, il faut patienter un an… Et puis, on ne classe pas ces prises en charge comme une urgence."

De l'autre côté de la France, en Loire-Atlantique, le dilemme est le même pour la Dre L., endocrinologue, qui suit depuis peu de temps le parcours de soin de patients trans. "Mais il faut le reconnaître, quand on devient spécialiste, on ne peut pas tout faire, explique-t-elle. Par exemple, je ne fais pas d'obésité, donc je ne jette pas la pierre aux médecins qui ne font pas de transition de genre."

Place aux médecins généralistes

Peut-on parler de transphobie ou de discrimination ? "Pour moi, ce serait une discrimination si le médecin ne réorientait pas le patient. Si les plannings sont chargés ou si on n'est pas à l’aise avec une pathologie, chaque médecin doit savoir réorienter vers un confrère", estime Chloé, docteur junior en endocrinologie à La Réunion. Car même si toutes les transitions de genre n'entraînent pas de thérapie hormonale, pour avoir accès aux traitements, la voie royale reste de s'adresser à un endocrinologue. C'était le cas jusqu'à ce que les recommandations de la HAS viennent éclaircir certains points et réassurent la légitimité d'autres professionnels de santé, comme les gynécologues, les urologues ou les médecins généralistes.

"Au sein de l'association Fransgenre(2), on soutient le fait que les endocrinologues ne devraient pas être les principaux interlocuteurs des personnes trans, mais plutôt les médecins généralistes, rétorque Camille, sa porte-parole. Ils sont davantage accessibles d'un point de vue des rendez-vous et aussi financièrement parce qu'ils sont plus souvent en secteur 1… Je pense que c'est important d'insister sur le fait que les endocrinologues ne sont qu'un maillon parmi d'autres."

Aujourd'hui, la Dre P. "ne voi[t] quasiment plus de patients cisgenres". En 2020, un patient trans est venu consulter à son cabinet parisien pour la première fois. "Il m'a demandé si j'étais d'accord pour recevoir d'autres patients trans, se souvient-elle. C'est un milieu où les patients souffrent de violences médicales,
tout marche par le bouche-à-oreille." La médecin généraliste assure désormais les premières consultations et le suivi de ses patients, notamment pour la prescription d'hormonothérapie. Celle qui ne s'était jamais intéressée à cette prise en charge, car elle n'y avait jamais été confrontée jusqu’'alors, ne semble plus vouloir faire marche arrière. "C'est assez rassurant pour un médecin généraliste, qui a l'habitude d'être un couteau suisse, d'avoir quand même un sujet 'niche', résume-t-elle. Et puis, les consultations sont très gratifiantes : voir des patients qui vont de mieux en mieux… c'est assez cool."

La transidentité, absente de la formation

La Dre P. a rapidement souhaité se former pour accueillir ces nouveaux patients. "J'ai lu beaucoup d'articles, je me suis renseignée auprès d'un endocrinologue parisien qui écrivait sur le sujet mais aussi à travers les documentations des associations, qui ont un savoir légitime et complet." En 2023, elle suit un diplôme universitaire à Paris "pour attester de ce qu'[elle faisait]". Notamment prescrire des hormonothérapies. Ces prescriptions, possibles pour les hormones féminisantes, ne le sont pas pour les masculinisantes. En effet, la délivrance de testostérone est réglementée par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Considérée comme un produit dopant, la testostérone peut uniquement être prescrite par un spécialiste comme l'endocrinologue.

"La première prescription est réservée aux spécialistes, mais le renouvellement peut être assuré par les médecins généralistes, rappelle-t-elle. Mais beaucoup de médecins décident de passer outre et de prescrire…" Mais ce qui bloque, ce n'est pas l’Assurance maladie mais la pharmacie, confie-t-elle : "Ils reçoivent une alerte sur leur logiciel car la prescription est restreinte. Soit ils passent outre, soit ils refusent de délivrer la testostérone si elle est prescrite par un médecin généraliste." Rapidement, la médecin généraliste a donc dressé une liste des pharmacies "cool et moins cool" pour orienter ses patients.

Pour autant, les recommandations de la HAS ne peuvent pas faire fi de la réglementation imposée par l'ANSM. "Très peu de médecins généralistes prennent en charge la transidentité, donc la majorité renvoie vers l'endocrinologue… qui ne prend pas non plus en charge. C'est un cercle vicieux", regrette Pascale Destrousse.

Les freins persistent et le manque de formation et d'informations ne fait qu'aggraver la situation. D'après les recherches de Pascale Destrousse, la moitié des endocrinologues qui confirment prendre en charge les transitions hormonales demanderaient un avis psychiatrique avant prescription. Et la jeune génération de médecins ne semble pas épargnée, précise un article publié en 2024 par Éloïse Maakaron, psychiatre à Marseille, qui a analysé les enjeux éthiques autour de la transidentité et la dépsychiatrisation. Son étude(3) auprès des internes en psychiatrie rapporte que "pour la grande majorité des internes interrogés, la transidentité implique avant tout la notion d'autonomie, à travers l'autodétermination de soi : le genre est perçu comme différent du sexe, et une personne est considérée comme trans à partir du moment où elle s'autodétermine, sans nécessiter la confirmation d'un psychiatre ou d’un psychologue". Néanmoins, "78 % [d'entre eux] pensent que les recommandations en France imposent de passer un examen psychiatrique pour entamer un parcours de transition hormono-chirurgicale" et "61 % sont d’accord avec l’idée qu'il est nécessaire de passer un examen psychiatrique pour entamer un parcours de transition, sachant que la transidentité n'est plus considérée comme une pathologie mentale".

Un examen psychiatrique toujours nécessaire donc, selon les jeunes médecins, afin "d'évaluer la capacité de décision de la personne trans". Reste que 60 % des internes affirment avoir "rarement abordé le sujet de la transidentité dans le cadre de leur internat, alors que la quasi-totalité a déjà été en contact avec des personnes concernées par la transidentité". Pas de formation du côté des psychiatres et pas non plus du côté des endocrinologues. C'est ce que constate Julie, interne en sixième semestre. "On n'a eu aucun cours sur la transidentité pendant mon externat et je n'en ai eu aucun depuis le début de mon internat. Nos chefs sont assez peu formés", réagit l'interne. À La Réunion, Chloé a fait le choix de s'orienter vers la prise en charge de la transidentité. "En tant qu'externe, je n'avais jamais assisté à une consultation autour de la transidentité. C’est pendant mon internat que j’ai pu apprendre." Elle rencontre alors des médecins passionnés et demande un inter-CHU à Nancy pour se former. "Ce n'est pas un sujet abordé dans notre cursus, c'est à nous d’aller chercher la formation", résume-t-elle.

C'est aussi le choix qu'a fait la Dre L., en Loire-Atlantique. C'est par le biais d'une autre endocrinologue qu'elle a commencé à se former. "Je trouvais ça passionnant sur le plan hormonal : c'est quand même génial d'aider les gens à se retrouver dans leur genre, à sortir de leur mal-être... Mais je ne me sentais pas de me lancer sans formation." Elle postule à un DU en 2025 mais n'est pas admise. "Ma collègue, qui prenait en charge la transidentité, a annoncé son départ et m'a proposé de prendre le relais. Donc je me suis formée sur le tas, en lisant des articles, les recommandations de la HAS et les documents des associations. Ça m'a aidée à dédramatiser la prise en charge." Aujourd'hui, elle a postulé à nouveau au DU pour la rentrée prochaine mais a tout de même débuté les prises en charge depuis novembre dernier. 

Une sensibilisation nécessaire

Pour l'endocrinologue, cette prise en charge "paraît normale". Elle l'admet, elle se sent parfois "en décalage" avec certains collègues et professionnels de santé. "Me former, c'est une volonté personnelle. Je pense que c'est une prise en charge qu'on doit proposer et je sais que ce n'est pas 'normal' pour tout le monde. Il y a quelques personnes réac' ou transphobes, mais il y a surtout beaucoup de méconnaissance", regrette-t-elle.

Les craintes sont, en effet, souvent liées à une peur de mal faire plutôt que de ne pas savoir faire. "Je n'ai pas rencontré de médecin senior qui avait suivi une formation sur le sujet… sauf quand je suis arrivée en stage à Marseille", raconte Julie. Il y a peu, l'interne a assisté, à sa demande, à une consultation sur la transidentité. "C'était vraiment très intéressant. J’ai vu le médecin mener l'interrogatoire, et déjà, je sais que je me sentirai plus à l'aise à l'avenir." Sa peur de faire des maladresses, "de ne pas utiliser les bons termes pour mener un interrogatoire" s'est envolée assez rapidement face à la simplicité de la consultation. "Le médecin a demandé le genre choisi pour désigner la personne, lui a parlé de ses attributs sans le brusquer… ce sont juste deux humains qui parlent et en y allant doucement, en communiquant, ça marche."

Un retour d'expérience qui ne surprend pas Chloé. "Parfois, on se sent gêné rien qu'en appelant les patients dans la salle d'attente : utiliser les termes 'Madame' et 'Monsieur' est parfois inadapté car cela revient à attribuer un genre social à la personne sans connaître ses préférences. On remarque chez les patients cette appréhension vis-à-vis des médecins parce que ces derniers ne sont pas formés. Mais c'est important de développer cette relation de confiance : si on dit une maladresse, ils doivent se sentir à l'aise pour nous corriger."

Aussi, plus que de se former, les médecins devraient au moins être sensibilisés aux questions de genre. "Les traitements hormonaux, on peut les prescrire en tant qu'endocrinologue, mais la question est plutôt de savoir accueillir une personne transgenre", estime Chloé. Pour la docteure junior, c'est une remise en question qui commence : "On doit accepter nos faiblesses, mettre de côté nos a priori pour améliorer les choses, considérer le patient."

S'appuyer sur les patients

Des patients qui s'y connaissent d’ailleurs parfois bien mieux que les professionnels eux-mêmes. Et en errance médicale, beaucoup de personnes transgenres s'orientent vers l'automédication. Une pratique bien connue et assez répandue. "Avec ce manque de professionnels de santé et des délais d'attente importants, le plus gros risque, c'est que les gens se tournent vers le marché noir", approuve Marina Lafon. Cette responsable du pôle Transgenres au sein de l'association Arap Rubis à Nîmes est également patiente-experte auprès de plusieurs hôpitaux. Elle intervient aujourd'hui pour former les personnels soignants à l'accueil des personnes trans. "Le but, c'est de trouver les bons mots. On fait tomber les clichés aussi : quand ils me voient arriver, ils se disent que je suis 'Madame Tout-le-monde' finalement".

Les médecins interrogées l'assurent : leurs patients s'y connaissent parfois mieux qu'eux, en matière d'hormonothérapie notamment. Ce travail de pédagogie et d'analyse vient souvent des associations. "On nous contacte pour accéder à des coordonnées de médecins mais aussi pour connaître les démarches à suivre en matière de transition hormonale, de prescription, détaille Camille, porte-parole de l’association Fransgenre. On peut avoir des médecins qui prescrivent des médicaments inappropriés, donc on outille les gens pour qu'ils puissent en discuter avec leur soignant."

C'est d’ailleurs ce qu'a vécu Pascale Destrousse. Celle qui a débuté sa transition hormonale au début des années 2000 a vu des produits disparaître du marché. "Mon endocrinologue ne savait plus quoi me prescrire, j'ai dû l'informer de ce qui existait. Puis il n'a juré que par le médicament hormonal Androcur, mais je me suis rendue compte, en lisant des études, que c'était dangereux, et là encore, je lui en ai parlé. Donc oui, j'ai fait un peu d'éducation à ce moment-là." Désormais, Pascale Destrousse est suivie par une endocrinologue qu'elle estime "très renseignée", de quoi aussi se sentir plus rassurée.

L’association Fransgenre propose d’ailleurs régulièrement des formations de deux heures aux professionnels de santé pour remettre à jour leurs connaissances. "On axe sur l'accueil des personnes trans mais aussi sur la prescription hormonale. C'est clé en main sur le produit, le dosage, les prises de sang nécessaires… Notre formation n'est pas accréditée mais elle est appuyée par deux médecins", souligne Camille. L’association intervient ponctuellement dans les facultés de médecine. Pour la Dre P., les associations sont devenues de vraies alliées. "Tous les patients que je reçois sont adressés par les associations et nous, en tant que médecins, cela fait aussi partie des recommandations d'adresser nos patients à des associations. Leur travail de pair-aidant est aussi essentiel."

Mais le chemin est encore long. Chloé regrette que les fédérations représentant les endocrinologues ne proposent pas davantage d'ateliers en lien avec la transidentité pendant les congrès**. "Ce sujet est rarement abordé, alors que ce serait quand même l'occasion de toucher un large public. On pourrait y retrouver des associations de patients pour nous sensibiliser." La Dre L. le reconnaît également : faire changer les mentalités prend du temps, encore plus en médecine. "Beaucoup de recommandations de la HAS passent sous les radars. C'est à nous d'avoir du recul sur notre capacité à renouveler nos connaissances. Les choses s'amorcent, mais ça prend du temps."

D'autant que la docteur junior le rappelle à son tour : la transidentité ne se résume pas seulement à la transition hormonale. "On prend en charge le patient dans sa globalité, on prend en compte l'histoire du patient, on n'est pas simplement là pour lui prescrire des hormones", lance Chloé.

Julie doit terminer son internat l’année prochaine et s'orientera plutôt en endocrinologie de la reproduction. "Mais dans les parcours de PMA, je rencontrerai certainement des personnes transgenres, c'est pour cela que ça me paraît essentiel de commencer déjà à me former." Pascale Destrousse y croit. Elle espère que son travail de recherche n'aura pas été vain. "Mon action, c'est ça : faire réveiller les esprits pour que toutes les personnes trans puissent avoir accès à un spécialiste. J'espère surtout que dans les cursus, ces sujets seront mieux abordés et que tous les endocrinologues sauront prendre en charge. On ne peut pas uniquement se contenter des associations."

*Les médecins interrogés ont souhaité garder l’anonymat.

** Ces dernières années, la Société française d’endocrinologie proposait un atelier autour de la transidentité. Contactée, la SFE n’a pas souhaité répondre à nos questions.

1. « Transidentité : prise en charge de l’adulte », HAS, 17 juillet 2025
2. Association nationale d’information
et d’entraide autour des transitions de genre et la défense des droits des personnes trans
3. « Transidentité et dépsychiatrisation : enjeux éthiques. Enquête nationale auprès
des psychiatres en formation », Éloïse Maakaron, Bérengère Saliba-Serre, Nicole Cano, Pierre Le Coz et Thierry Merrot. Annales médico-psychologiques, 2024

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

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François Pl
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Débatteur Passionné
il y a 23 jours
Nous avons tous (à quelques exceptions près d'anomalies chromosomiques rares) un sexe génétique précis. On peut comprendre que certain(e)s s'y sentent mal dans leur peau, mais il reste là, bien présent et immuable ! Le nier ne sert à rien. Si se déguiser ne suffit pas, prescrire des hormones mâles ou femelles à des corps du sexe "opposé", ce n'est pas anodin, ce n'est pas "naturel", et cela peut comporter des risques sérieux, en fonction des dosages ! Quand il y a aussi demande d'interventions chirurgicales, on ne peut reprocher à des médecins de les considérer comme des mutilations, qui en plus sont irréversibles.... Le serment d"hypocrate interdit de nuire à ses patients, si besoin est "contre" leur volonté ! Corriger la nature avec de la chirurgie esthétique est souhaitable tant que cela ne met pas la vie des patients en danger, tant qu'on ne les mutile pas... mais c'est ici le cas. On ne peut pas "reprocher" à des médecins de ne pas adhérer à ces souhaits. Faut-il créer un appel d'air en cédant aux demandes ? Chacun reste libre avec sa conscience, tant que la société et l'ordre des médecins ne mettent pas de limites bien claires... Notons au passage que ces limites varient très fort selon les pays... Dernière question : est-ce à la société de prendre le coût en charge ? La chirurgie "purement esthétique" n'est pas prise en charge, sauf pour des corrections jugées nécessaires comme les becs de lièvre, ou suite à des accidents, des malformations congénitales, ou des déformations inesthétiques mineures mais avec fort impact psychologique etc... La frontière des prises en charge est assez large, mais n'inclut évidemment PAS des mutilations génitales...
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PETIT BOBO
3,2 k points
Débatteur Passionné
Autre spécialité médicale
il y a 22 jours
Parmi les choses interessantes de cet article , la peur des généralistes de ne pas savoir que faire, comment prescrire.... J'ai connu ça lors de l'apparition du sida en France. J'étais alors installé à proximité d'une célèbre station balnéaire varoise. Célèbre , festive et particulièrement chaude. En France il n'y a pas que Paris.... Installé depuis une quinzaine d'années, j'avais acquis la réputation d'etre un médecin, sympa, ouvert (contraception et plus si affinité..) et ne jugeant pas. J'avais attiré dans ma patientèle des gens qui cherchaient la discrétion (à une vingtaine de km du point chaud), pour faire traiter leurs MST . Ma secrétaire qui n'était pas aveugle et connaissait les "professionnels" locaux, passait les poignées à l'alcool quand le patient lui paraissait suspect. Et un jour, j'ai vu apparaitre d'abord un premier couple d'hommes, des américains, dont l'un -quasi moribond- avait le SIDA. C'est lui qui me l'a dit. je ne suis pas sûr que c'était déjà le nom employé. J'avais fait ma thèse sur les septicemies à candidas en service de réa. La suite , par le bouche à oreille, j'ai récupéré de nombreux malades qui avaient choisi d'achever leur vie , discrètement et au soleil. Les solutions thérapeutiques étaient maigres, symptomatiques. C'était eux qui me disaient que prescrire pour les soulager, c'était eux qui savaient. J'accompagnais des gens qui se cachaient pour mourir. Attention, je ne confonds pas sida et transidentité ! Mon propos c'est de confirmer que quelque fois on apprend avec et par les patients, qui qqf en savent plus que nous. Et ça c'est dur pour un médecin habitué à "tout savoir que faire"
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ROMAIN PY
185 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 22 jours
Article intéressant. Je viens de lire les recommandation HAS. Plusieurs points: La HAS, que je ne suis pas enclin à critiquer habituellement, n'a pas la même ligne de conduite que d'habitude... Elle indique que l'avis psychiatrique n'est pas nécessaire avant ces opérations (qui sont irréversibles), alors que pour leurs recommandations dans la prise en charge de l'obésité (2024), l'avis psychiatrique est indispensable avant toute chirurgie bariatrique... Bizarre... Pressions externes? Influences? Manque de logique? ... La HAS précise également que le médecin doit être formé pour prendre en charge ces patients et prescrire. Peut-être que le problème vient aussi de là : les médecins n'ont pas le temps de se former sur tout (surtout les généralistes qui commencent de plus en plus à gérer des situations complexes d'autres spécialités faute de spécialistes en nombre suffisant). Et ils sont limités dans la prise en charge de leur formation. Je pense que tout médecin adorerait être formé sur des thèmes nouveaux. La prescription peut également poser problème. Les traitements pour la transidentité sont tous hors AMM. Donc ne devraient pas être remboursés par la CPAM. Excepté s'ils sont dans le protocole individuel ALD hors liste du patient. Mais si un jour, il y a un problème avec le traitement sur le patient, le médecin sera moins protégé à cause de cette prescription hors AMM. Il lui faudra un dossier béton... (consentement bien noté, hors AMM bien noté sur ordo, protocole reconnu, suivi biologique optimal...). Au regard des responsabilités qui pèsent déjà sur les médecins, ça ne donne pas très envie. L'utilisation du terme transphobie... Toujours y voir du rejet... Ce n'est pas de la transphobie qu'un médecin refuse de suivre un parcours de transidentité. Il ne sait juste pas quoi faire et reconnaît ses limites. Arrêtons avec cette culture du rejet. Enfin, ça s'éloigne légèrement, mais ces patients accèdent à une prise en charge intégrale coûteuse sur quelque chose qui n'est plus reconnue comme une maladie depuis sa sortie de la psychiatrie. Est-ce objectivement équitable face à d'autre situations ? Prenons les TSA (autisme). Un parcours de soins très difficile. Sûrement un peu plus de 1% de la population, des conséquences avec complications psychiatriques tout aussi importantes. Mais prise en charge par la CPAM zéro : neuropsychologie, ergotherapeute, psychomotricien... Donc, oui, il n'est pas incohérent de se poser la question sur ces remboursements.
 
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