jeunes chirurgiens

43 000 internes en médecine à l'hôpital : leur nombre a plus que doublé en 20 ans

En 2023, les hôpitaux privés et publics salariaient plus de 113 000 médecins, dentistes et pharmaciens. C'est 26 000 de plus qu'en 2003. Quant aux internes, leur nombre a augmenté de 121% en vingt ans dans les établissements publics.

18/06/2025 Par Louise Claereboudt
Internat
jeunes chirurgiens

Les effectifs de médecins et assimilés (pharmaciens et chirurgiens-dentistes) ainsi que ceux des internes poursuivent leur augmentation "quasi-continue" depuis 2003, dans le public comme dans privé. C'est ce qui ressort d'une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) sur les effectifs salariés du secteur hospitalier entre 2003 et 2023, publiée ce mardi 17 juin. 

Ainsi, en 2003, on dénombrait 13 281 médecins et assimilés à l'hôpital privé, et 74 094 dans le public. En 2023, ils étaient 20 915 dans le privé et 92 826 dans le public. Soit 26 000 personnels médicaux de plus en l'espace de 20 ans (+30%). Les effectifs de médecins et assimilés ont ainsi cru de 1,3% par an en moyenne sur la période.    

22 000 internes en plus dans les hôpitaux publics

S'agissant des internes, ceux-ci étaient 18 183 dans le public en 2003, et 1 248 dans le privé. En 2023, on comptait 40 264 internes à l'hôpital public contre 3 029 dans le privé. Ainsi, le nombre d'internes dans les hôpitaux publics a augmenté de 121,4% entre 2003 et 2023, soit plus du double en 20 ans. Dans le privé, la hausse atteint 142%. Le nombre d'internes dans le privé a augmenté en moyenne de 4% par an sur la même période.

Le nombre de sages-femmes du secteur public a continué également de progresser (+0,4 % par an en moyenne entre 2021 et 2023), tandis que le nombre de leurs homologues dans le secteur privé baisse depuis 2012 (-1,5% par an en moyenne entre 2012 et 2023). "Au total, la part des personnels médicaux dans les effectifs salariés hospitaliers [atteignait] 12% en 2023 (14% dans le public, 9% dans le privé), contre 10% au début des années 2000", précise la Drees.  

200 000 salariés hospitaliers en plus 

Si l'on tient compte de l'ensemble des métiers qui y sont représentés, les hôpitaux employaient fin 2023 1,39 million de personnes (contre 1,18 million en 2003, soit 205 000 personnels en plus en 20 ans), dont 77% dans le secteur public. L'effectif a progressé de 17,3% depuis fin 2003 (soit +0,8% par an en moyenne). "C'est entre 2003 et 2014 que la croissance est la plus forte, en particulier dans le secteur privé (+17,9% contre +12,3% dans le public)", analyse la Drees. Entre 2014 et 2019, les effectifs étaient relativement stables.

Évolution des effectifs hospitaliers totaux, de 2003 à 2023. Source : Drees.

En 2020 et 2021, en pleine épidémie de Covid, les effectifs ont de nouveau augmenté (+1% en moyenne par an), "surtout dans le secteur public". Après un "léger recul" en 2022, ils sont repartis à la hausse en 2023, "ce qui se traduit par une évolution annuelle moyenne de +0,7 % entre 2021 et 2023". Cette dernière hausse a été "un peu plus soutenue dans le secteur privé (+1,1 % en moyenne au cours de ces deux années) que dans le public (+0,5 %)".

Si les personnels médicaux représentaient fin 2023 12% des effectifs à l'hôpital, le personnel paramédical, lui, constituait 61% des effectifs. En 2023, près de la moitié des effectifs hospitaliers étaient des infirmières ou des aides-soignantes, 46% dans le public et 47% dans le privé. "Dans le public, malgré une hausse en 2020 et 2021 liée à la crise sanitaire, ces effectifs augmentent moins depuis 2014 (+0,1% par an, en moyenne, chacun) qu'au cours de la décennie précédente (respectivement, +1,5% et +1,2%, entre 2003 et 2014)", écrit la Drees.

Et d'ajouter que dans le privé, ces effectifs ont progressé en 2023 (de +1,8% pour les infirmières et 2,1% pour les aides-soignantes), "après avoir diminué entre 2016 et 2022 (de -0,4 % et -1 % par an en moyenne)".

Les autres personnels soignants non médicaux (professionnels de la rééducation, psychologues, et autres agents des services hospitaliers) représentaient 15% des effectifs hospitaliers en 2023. "Leur nombre est globalement décroissant, hors crise sanitaire, surtout dans le secteur public. Dans le secteur privé, leur nombre a tendance à augmenter depuis quelques années." 

Si vous étiez maire, que feriez-vous pour la santé ?

A l'approche des élections municipales, Egora lance une grande consultation auprès de ses lecteurs. Accès aux soins, conditions d'exercice, prévention, étudiants... Sélectionnez une thématique et déposez vos propositions !

70 votes 25 participants 31 propositions
Photo de profil de Julien Avouac
165 points
Chirurgie vasculaire
il y a 2 jours
A peu près les mêmes besoins? Vous délirez. La population a augmenté, vieilli, la technicité des soins a énormément augmenté, la médecine de ville a beaucoup diminué. Le nombre de passages aux urgences a explosé (7 millions en 1990, 21,3 millions en 2024). En 1984 l'IRM n'existait pas en France, les angioscanners étaient rares, pas de TEP scan, etc etc. Bref, comparer l'internat de 1984 (qui n'était pas obligatoire en ce temps, de nombreux spécialistes se "contentant" de C.E.S.) aux EDN de maintenant n'est pas vraiment pertinent. Contrairement aux idées véhiculées par les vieux réac, les jeunes d'aujourd'hui ne sont ni plus bêtes ni plus fénéants que ceux de 1984, en revanche ils sont beaucoup moins bien traités, et agissent en conséquence. En 1984 on ne manquait pas de séniors à l'encadrement. Bref, vos propos sont, au mieux, mal renseignés ;) Effectivement les missions des internes actuels sont bien différentes de celles des internes de 1984, la technicité de leur travail et le stress qui s'y attache aussi, tout comme le respect qu'on leur témoigne. Je préfèrerais 1000 fois être un interne de 1984 qu'un interne d'aujourd'hui...
Photo de profil de MICHAEL FINAUD
4,2 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 9 mois
Les missions et les responsabilités assumées par les internes de CHU ayant passé un concours ultra-sélectif avant 1984 n'ont rien de commun avec celles des internes d'aujourd'hui encadrés par des PH des MCU-PH et des PU-PH, ceci explique que pour à peu près le même besoin 2000 internes suffisaient à faire tourner les CHU avec excellence alors que 43 000 n'y arrivent plus aujourd'hui.
Photo de profil de HENRI BASPEYRE
15,2 k points
Résistant
Chirurgie générale
il y a 9 mois
logique: taillables et corvéables à merci!

Si vous étiez maire, que feriez-vous pour la santé ?

A l'approche des élections municipales, Egora lance une grande consultation auprès de ses lecteurs. Accès aux soins, conditions d'exercice, prévention, étudiants... Sélectionnez une thématique et déposez vos propositions !

70 votes 25 participants 31 propositions
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Décryptage Déontologie
Dépassements d’honoraires des médecins : "le tact et la mesure" à l’épreuve des abus
05/02/2026
28
Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
7
Concours pluripro
Maisons de santé
Arrêt brutal d'une expérimentation finançant 26 maisons et centres de santé qui luttent contre les inégalités...
04/02/2026
2
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
29
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2