
Infirmier référent : "L’Ordre des médecins semble privilégier une logique de formalisme juridique au détriment de la coopération entre soignants"
Dans un communiqué, le Conseil national de l'Ordre des infirmiers réagit à l'annulation partielle du décret instituant le statut d'infirmier référent à la suite d'un recours de l'Ordre des médecins.

"Ce recours aurait pu être évité, tout comme la perte de temps qu’il engendre", réagit Sylvaine Mazière-Tauran, présidente de l'Ordre infirmier, quelques jours après l'annulation par le Conseil d'Etat d'une disposition du décret du 27 juin 2024 instituant le statut d'infirmier référent. La plus haute juridiction administrative de France a donné raison au Conseil national de l'Ordre des médecins, qui jugeait que le rôle de "coordination" confié par ce texte aux infirmiers référents reconnus par la loi Valletoux de décembre 2023 aurait dû faire l'objet d'une consultation du Haut Conseil des professions paramédicales.
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"Le Conseil national de l’ordre des infirmiers déplore que cette annulation, fondée exclusivement sur une procédure jugée irrégulière, intervienne dans un contexte où la reconnaissance formelle de la fonction d’infirmier référent constitue une avancée attendue et nécessaire pour structurer l’offre de soins de ville et valoriser les compétences infirmières en matière de coordination des parcours de santé", précise un communiqué diffusé ce vendredi 25 juillet, qui appelle à la "reprise du processus réglementaire".
L'Ordre infirmier se montre critique envers la démarche de son homologue médical. "En agissant ainsi, l’Ordre des médecins semble privilégier une logique de formalisme juridique au détriment de la coopération entre soignants, dénonce Sylvaine Mazière-Tauran. Je regrette ce recours à un argument purement formel pour freiner la reconnaissance des compétences infirmières, celles de milliers de femmes et d’hommes formés à accompagner les patients dans leur quotidien. Cette posture, déconnectée des réalités du terrain, risque surtout de pénaliser les patients, notamment dans les zones en tension et les déserts médicaux."
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