Image générée par IA

Image générée par IA

Congrès ERS : efficacité du géfapixant dans la toux chronique réfractaire

02/10/2020 Par Corinne Tutin
Pneumologie
Image générée par IA

Image générée par IA

Cet antagoniste du récepteur P2X3, réduit de d’au moins 14% la fréquence de la toux, mais au prix souvent de modifications du goût.

La toux chronique est souvent difficile à soulager. Un essai de phase 2b, réalisé durant 12 semaines chez 253 patients, publié en février 2020, avait suggéré qu’un premier antagoniste du récepteur P2X3, le géfapixant, peut représenter une solution thérapeutique chez certains patients*. Deux études de phase 3, Cough 1 et Cough 2, d’une durée de respectivement 12 et 24 semaines, conduites sur respectivement 730 et 1 314 patients viennent de le confirmer. Le mécanisme d’action du médicament repose sur sa capacité de bloquer le récepteur P2X3, un récepteur sensoriel du système nerveux périphérique, qui est impliqué dans le réflexe de toux. Les deux essais ont comparé, en double aveugle, les effets de 2 doses de géfapixant, 15 et 45 mg 2 fois/j, à un placebo chez des patients adultes qui souffraient d’une toux chronique réfractaire ou inexpliquée sévère depuis plus d’un an. Avant l’inclusion, les auteurs avaient éliminé, grâce à la radiographie thoracique, toute anomalie pouvant expliquer cette toux persistante. La dose de géfapixant de 45 mg deux fois/j a, seule, démontré une efficacité significative, avec une réduction de 18,4 % de la fréquence de la toux en comparaison du placebo dans Cough 1 (p = 0,041) et de 14, 6 % dans Cough 2 (p = 0,031), et s’est accompagnée d’une amélioration de la qualité de vie liée à la toux (réponses au Leicester Cough Questionnaire). Un des inconvénients de ce traitement est qu’il entraîne, à la dose de 45 mg 2 fois/j, chez plus de la moitié des malades (58 % dans Cough 1, 69 % dans Cough 2) une modification du goût, qui peut apparaître un peu métallique, un effet secondaire qui avait déjà été relevé dans l’essai de phase 2 précédent. Ce qui explique qu’une interruption de traitement pour effets secondaires ait été relevée chez 15 à 20 % des patients à la dose de 45 mg 2 fois/j de géfapixant dans les études Cough 1 et 2 (3 et 5 % pour le placebo). En revanche, le géfapixant semble très rarement engendrer des effets secondaires sérieux. *Smith JA, et al. Lancet Resp Med 2020 ; 8 (8): 775-785.

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
56
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3