Science sans conscience…

19/01/2018 Par Catherine le Borgne

"Quel monde voulons-nous pour demain ?" C’est sur cette interrogation que s’ouvrent les États généraux de la bioéthique, préalables à la révision des lois de 2011, puisque le législateur a prévu une révision septennale, pour tenter d’être en phase avec les progrès ultrarapides de la science. Et les demandes sociétales qui en découlent. Car la question est bien celle-ci. Jusqu’où la science doit-elle entrer dans nos vies et dans nos foyers sans bouleverser le fondement même de notre humanité, de nos croyances et de nos espoirs en demain ? La science sait faire en matière de naissance (reproduction, procréation et développement embryonnaire, cellules souches), de génétique et de génomique, de transplantations d’organes, d’accumulation de données de santé, d’intelligence artificielle et de robotisation, de neurosciences, d’environnement et de développement durable… Jusqu’où voulons nous que ces progrès impactent notre vie de Terriens instruits, ultradéveloppés et riches en regard de la moitié de l’humanité qui manque de tout ? Faut-il permettre aux enfants issus d’un don de gamètes de connaître l’identité de leur donneur, s’engager plus encore sur la voie de l’eugénisme, répondre aux demandes d’euthanasie active d’associations, expérimenter l’homme augmenté de puces pour tendre à l’immortalité ? Permettre, en un mot, de forcer les interdits formels posés par les religions pour laisser la science avancer à son rythme, c’est-à-dire sans barrières éthiques ? Ces interrogations vertigineuses seront au cœur des débats qui vont se dérouler durant tout le premier trimestre. Un débat ouvert aux citoyens, au travers d’un site participatif où ils pourront s’exprimer. Cela pour ne pas laisser aux seuls experts – scientifiques, religieux, juristes, politiques – le droit à la parole. Les travaux préalables à la précédente révision de 2011 avaient été unanimement salués pour leur qualité, nés d’un climat apaisé où l’écoute et le dialogue s’étaient naturellement imposés. Gageons qu’il en sera de même en 2018, sous l’égide du Comité consultatif national d’éthique, depuis longtemps au travail.

 
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