The Lancet publie un erratum sur son étude à propos de l’hydroxychloroquine 

02/06/2020 Par Marion Jort
Publiée fin avril par The Lancet, une vaste étude sur l’utilisation de la chloroquine et de son dérivé dans la prise en charge des patients atteints de Covid-19 a entrainé la suspension des essais cliniques en France. Passée à la loupe par certains scientifiques, la revue a été contrainte de publier un erratum à propos d’une erreur de codage.  

 

C’est l’étude qui devait clore le débat… Et qui l’a relancé de plus belle. Le 25 mai dernier, le Lancet publiait un article montrant des résultats négatifs de l’hydroxychloroquine, notamment une augmentation de la mortalité et des troubles cardiaques. Aussitôt en France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a décidé de lancer une procédure de suspension des essais cliniques et deux jours plus tard, un décret paru au Journal officiel abrogeait les dispositions dérogatoires autorisant la prescription d’hydroxychloroquine à l'hôpital, hors essais cliniques.  

Mais très vite, des voix se sont élevées contre l’étude de The Lancet. Le 29 mai dernier, plusieurs chercheurs du monde entier ont demandé, dans une lettre ouverte, l’accès aux données brutes traitées par les auteurs. Ils pointaient des incohérences dans l’étude. Cette dernière a ainsi été passée à la loupe, si bien que The Lancet a été contraint de publier un court erratum reconnaissant une “erreur de codage” et la publication “d’un tableau de données redressées en lieu et place de données bruts”. Le correctif explique que des morts attribués à un hôpital australien auraient dû être comptés en Asie.  

“Cela souligne le besoin de vérification des erreurs dans l’ensemble de la base de données”, ont fait valoir les scientifiques. Mais, “il n’y a pas eu de changement dans les conclusions de l’article”, affirme de son côté The Lancet dans son correctif en précisant que les modifications seront apportées directement dans la version imprimée.  

Dans un tweet publié sur son compte, le Pr Didier Raoult n’avait pas hésité à dénoncer de “fake data” suite à la publication. “Il n’est pas possible qu’il y ait une telle homogénéité entre des patients de 5 continents différents. Il y a manipulation préalable, non mentionnée dans le matériel et méthodes, ou ces données sont faussées”, a-t-il encore écrit au lendemain de la publication de l’étude. Mais de son côté, The Lancet mise plutôt, selon Le Monde, sur  la publication erronée d’un tableau, à la place d’un autre.  

  [avec Le Monde et The Lancet]

 
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