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Fièvre du jeune enfant : un algorithme et des recommandations
Avant l'âge de 3 ans, la fièvre du jeune enfant est un motif fréquent de consultation en ambulatoire ou aux urgences. Un algorithme clinique et biologique simple a été validé et intégrera les premières recommandations francophones sur le sujet.
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Dans la plupart des cas, les épisodes fébriles du jeune enfant sont dus à des infections virales, mais les infections bactériennes potentiellement graves peuvent concerner jusqu'à un quart des enfants fébriles à cet âge. D'où la nécessité de disposer d'outils fiables et simples à mettre en œuvre pour identifier les enfants qui relèvent d'une antibiothérapie et éviter le recours aux examens et traitements inutiles pour les autres.
C'était l'objectif de l'étude Diafever menée entre 2018 et 2021 dans 25 hôpitaux français et suisses : tester l'impact d'un algorithme décisionnel simple sur sa capacité à réduire l'exposition inutiles aux antibiotiques, limiter les investigations invasives sans alourdir le taux de morbimortalité par rapport à une décision médicale fondée sur la démarche clinique conventionnelle.
"L'algorithme proposé est adapté aux trois classes d’âge (les moins de 1 mois, les enfants de 1 à 3 mois et les plus de 3 mois). Et il repose sur trois piliers : l'évaluation clinique, la recherche d'une leucocyturie sur bandelette urinaire, et le taux de procalcitonine capillaire grâce à un test de diagnostic rapide (point of care)", a expliqué la Pre Christèle Gras Leguen, pédiatre et cheffe de service des urgences pédiatriques et de pédiatrie au CHU de Nantes.
Cette stratification de l'âge et du risque permet de limiter le recours aux antibiotiques à ceux qui ont un très haut risque d'infection bactérienne. Ceux qui sont à très bas risque sont invités à rentrer chez eux avec des consignes de surveillance. Les enfants à risque intermédiaire doivent rester en observation, avec un bilan biologique et un dosage de procalcitonine à refaire à distance.
Plus de 5 000 enfants ont participé. Et alors que 15,7 % des enfants recrutés ont présenté une infection bactérienne grave et 1,4 % une infection invasive, il a été possible de réduire d'un tiers l'exposition de la cohorte aux antibiotiques dans les 15 jours grâce à l’algorithme, sans accroître les chiffres de morbidité ou de mortalité à 15 jours. "Cela a également permis de diminuer de manière très significative le recours aux examens complémentaires et en particulier les prises de sang, les recueils d'urines par cathéterisme et les ponctions lombaires." L'économie des gestes invasifs concerne surtout les enfants de moins de trois mois.
Intégration de nouveaux biomarqueurs
Le recours à l'algorithme en médecine de ville est conditionné par l'accessibilité à un dosage rapide de la procalcitonine capillaire. Pour autant, il va être intégré au texte de recommandations que la Société française de pédiatrie (SFP) souhaite rédiger dans les prochains mois. "Un groupe d'experts va se réunir prochainement pour définir les objectifs et la méthode qui sera employée pour établir ces recommandations françaises."
Le texte rappellera que, dans tous les cas, la pierre angulaire de la prise en charge reste l'évaluation clinique par le médecin et qu'il faut envisager une hospitalisation pour tous les enfants de moins de 1 mois pour assurer une surveillance et envisager la pertinence des explorations selon les signaux cliniques inquiétants. Ensuite, selon le niveau d'inquiétude du médecin, les biomarqueurs peuvent permettre de préciser les groupes à faible risque qui vont pouvoir rentrer à domicile et bénéficier d'une surveillance parentale.
À plus long terme, quels biomarqueurs pourraient venir compléter l'arsenal aujourd’hui disponible ? "Un automate de PCR délocalisé au lit du patient, SpotFire, commence à être déployé dans certains services d’urgences. En 20 minutes, il permet d’établir si un syndrome infectieux est d’origine virale ou bactérienne. Ce type d’outil très puissant va compléter l’arsenal à disposition des médecins pour explorer la fièvre du jeune enfant." La protéomique et la transcriptomique se développent aussi.
Les autres articles de ce congrès :
-Diabète de type 1 : vers un dépistage en population générale ?
-Dépistage néonatal : on scrute de plus en plus de maladies rares
Références :
D'après un entretien avec la Pre Christèle Gras Leguen (CHU de Nantes), dans le cadre du éCongrès des sociétés de pédiatrie (Paris, 10-12 juin 2026).
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