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Fièvre du jeune enfant : un algorithme et des recommandations

Avant l'âge de 3 ans, la fièvre du jeune enfant est un motif fréquent de consultation en ambulatoire ou aux urgences. Un algorithme clinique et biologique simple a été validé et intégrera les premières recommandations francophones sur le sujet. 

27/07/2026 Par Caroline Guignot
Congrès des sociétés de pédiatrie 2026
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Dans la plupart des cas, les épisodes fébriles du jeune enfant sont dus à des infections virales, mais les infections bactériennes potentiellement graves peuvent concerner jusqu'à un quart des enfants fébriles à cet âge. D'où la nécessité de disposer d'outils fiables et simples à mettre en œuvre pour identifier les enfants qui relèvent d'une antibiothérapie et éviter le recours aux examens et traitements inutiles pour les autres.

C'était l'objectif de l'étude Diafever menée entre 2018 et 2021 dans 25 hôpitaux français et suisses : tester l'impact d'un algorithme décisionnel simple sur sa capacité à réduire l'exposition inutiles aux antibiotiques, limiter les investigations invasives sans alourdir le taux de morbimortalité par rapport à une décision médicale fondée sur la démarche clinique conventionnelle.

"L'algorithme proposé est adapté aux trois classes d’âge (les moins de 1 mois, les enfants de 1 à 3 mois et les plus de 3 mois). Et il repose sur trois piliers : l'évaluation clinique, la recherche d'une leucocyturie sur bandelette urinaire, et le taux de procalcitonine capillaire grâce à un test de diagnostic rapide (point of care)", a expliqué la Pre Christèle Gras Leguen, pédiatre et cheffe de service des urgences pédiatriques et de pédiatrie au CHU de Nantes.

Cette stratification de l'âge et du risque permet de limiter le recours aux antibiotiques à ceux qui ont un très haut risque d'infection bactérienne. Ceux qui sont à très bas risque sont invités à rentrer chez eux avec des consignes de surveillance. Les enfants à risque intermédiaire doivent rester en observation, avec un bilan biologique et un dosage de procalcitonine à refaire à distance. 

Plus de 5 000 enfants ont participé. Et alors que 15,7 % des enfants recrutés ont présenté une infection bactérienne grave et 1,4 % une infection invasive, il a été possible de réduire d'un tiers l'exposition de la cohorte aux antibiotiques dans les 15 jours grâce à l’algorithme, sans accroître les chiffres de morbidité ou de mortalité à 15 jours. "Cela a également permis de diminuer de manière très significative le recours aux examens complémentaires et en particulier les prises de sang, les recueils d'urines par cathéterisme et les ponctions lombaires." L'économie des gestes invasifs concerne surtout les enfants de moins de trois mois. 

Intégration de nouveaux biomarqueurs  

Le recours à l'algorithme en médecine de ville est conditionné par l'accessibilité à un dosage rapide de la procalcitonine capillaire. Pour autant, il va être intégré au texte de recommandations que la Société française de pédiatrie (SFP) souhaite rédiger dans les prochains mois. "Un groupe d'experts va se réunir prochainement pour définir les objectifs et la méthode qui sera employée pour établir ces recommandations françaises."

Le texte rappellera que, dans tous les cas, la pierre angulaire de la prise en charge reste l'évaluation clinique par le médecin et qu'il faut envisager une hospitalisation pour tous les enfants de moins de 1 mois pour assurer une surveillance et envisager la pertinence des explorations selon les signaux cliniques inquiétants. Ensuite, selon le niveau d'inquiétude du médecin, les biomarqueurs peuvent permettre de préciser les groupes à faible risque qui vont pouvoir rentrer à domicile et bénéficier d'une surveillance parentale. 

À plus long terme, quels biomarqueurs pourraient venir compléter l'arsenal aujourd’hui disponible ? "Un automate de PCR délocalisé au lit du patient, SpotFire, commence à être déployé dans certains services d’urgences. En 20 minutes, il permet d’établir si un syndrome infectieux est d’origine virale ou bactérienne. Ce type d’outil très puissant va compléter l’arsenal à disposition des médecins pour explorer la fièvre du jeune enfant." La protéomique et la transcriptomique se développent aussi. 

Références :

D'après un entretien avec la Pre Christèle Gras Leguen (CHU de Nantes), dans le cadre du éCongrès des sociétés de pédiatrie (Paris, 10-12 juin 2026). 

Les oraux ont-ils leur place dans les examens de médecine ?

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Les oraux CLASSANTS n'ont pas leur place à mon avis car, si imparfaites que puissent être les épreuves écrites, celles-ci demeuren... Lire plus

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DELA LIE
4,9 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Bel algorithme hospitalier. Mais comme avec la CRP capillaire, il y a 25 ans, ne sera pas applicable en ville faute de moyen : pas de tarification spéciale pour amortir le matériel, malgré les économies pécuniaires pour la SS et d'antibiorésistance. Appareil 2000€ et surtout 10€/test, en individuel... Mais la SS pourrait négocier et équiper les MG (dans ce cas pas de codification spécifique) Décision sur du long terme.... Prendront ils le risque ? Autre point que la médecine hospitalière occulte toujours, le côté socio-professionnel des familles : papier enfant malade, certif non contagion, absence cantine.... Y'a pas que l'inquiétude qui amène à consulter.... Montrer une ordonnance ne suffit pas il faut THE certif à la con, chers à nos mairies /écoles qui n'hésitent pas à faire des DE sans que personne ne les conteste, et dont leur justification me dépasse !
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Irimi Naje
177 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 1 mois
C est bien beau tout cela , mais en medecine de ville , malgré un examen clinique minutieux, il est necessaire d’avoir un Bilan bio et la procalcitonine nous aiderait bien , mais le seul moyen est d’envoyer au labo faire ce dosage , ne parlons pas de la consultation du vendredi soir ou du samedi matin . on ne nous donne pas les moyens d’être efficaces . Il Y’a qq années , une patiente danoise est allée voir son médecin traitant le lendemain de sa consultation en France suite à une infection bronchique , pour Laquelle SOS médecin a prescrit antibiotiques et cortisone. Elle a dosé la CRP et leuco au cabinet orientant vers une infection virale . Demandant à la Cpam son avis pour faire des économies de soins , notre déléguée a répondu que l’appareil n’etait pas précis ( J ai pouffé de rire) et que les études montraient que ce n’était pas efficace . Comme d’habitude en France , on veut faire évoluer et améliorer les choses mais on a 20 ans de retard maintenant en medecine de ville par rapport à d’autres pays non hospitalo centrés
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Georges FICHET
6,9 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Pour 'instant, il n'y a pas de TDR pour la procalcitonine disponible en France !
 
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