@Andrii Yalanskyi/stock.adobe.com
Système de santé : ce que les Français en pensent
Afin de mieux connaître les attentes des Français concernant le système de santé et l'accès aux médicaments et au progrès thérapeutique, le Leem a lancé en mars dernier une concertation grand public nationale avec différents espaces d'échange. Près de 4 200 contributions de citoyens, ainsi que 400 émanant de professionnels de santé, ont ainsi été recensées.
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Leur analyse souligne que les Français sont inquiets concernant l'évolution du système de santé. Ainsi, 60 % estiment que la qualité des soins se dégrade. Du côté des professionnels, le système est jugé majoritairement "acceptable mais fragile".
Une forte attente concerne l'amélioration de l'accès aux soins. En particulier, l'accès aux médicaments est considéré comme plus lent par 43 % des citoyens et 58,8 % des professionnels. Les Français s'inquiètent particulièrement des tensions d'approvisionnement, de l'éloignement de la production industrielle, ainsi que des inégalités territoriales.
La concertation met également en évidence une méconnaissance des mécanismes du système de santé. Selon le Leem, "le coût réel des soins reste peu visible, alimentant un sentiment de gratuité et une utilisation peu optimisée du médicament". Les citoyens plébiscitent aussi la R&D afin de développer de nouveaux traitements contre les maladies incurables et les maladies chroniques.
Des propositions
Parmi les propositions issues de cette concertation, on retrouve ainsi un meilleur accès aux médicaments en modifiant les procédures d'autorisation et le pilotage et en éduquant à une meilleure consommation. Il s'agit aussi de renforcer l'information sur les prix et les parcours, en communicant par exemple sur les coûts des prises en charge. La recherche clinique doit être améliorée, en levant les freins liés au travail sur les données en vie réelle et en revalorisant les carrières dans les recherches (fondamentale, translationnelle, clinique).
Il apparaît enfin nécessaire d'améliorer la souveraineté sanitaire (augmentation des marges de manœuvre à l’échelon régional et aux territoires, simplification des procédures d’autorisation, financement pluriannuel, …) et de renforcer la place du médicament dans l'efficience du système de santé en réduisant les médicaments "gâchés" et en mettant en place une véritable politique nationale de prévention.
"Cette concertation dépasse le simple constat. Les idées existent, les volontés sont là, les conditions d’une mobilisation collective sont réunies. L'enjeu est désormais de transformer cette convergence en décisions concrètes, en dépassant les silos et en créant les conditions d’une action collective plus rapide, plus lisible et plus efficace. Une ambition que partagent de nombreux acteurs avec la volonté de préparer l'avenir", indique Jean-François Brochard, président du Leem.
Références :
Communiqué du Leem (23 juillet).
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