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Industrie pharmaceutique : le Leem alerte sur le décrochage de la France par rapport à ses voisins européens
Malgré d’importants progrès dans la lutte contre les ruptures de stocks, des atouts sur le plan de la recherche, et des investissements en production qui se maintiennent, la dernière édition du Baromètre 360 du Leem met en lumière une perte de terrain de la France face à ses voisins européens, en particulier concernant l’innovation, l’accès, la fiscalité et les prix des médicaments.
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Les données du Baromètre 2026*, une enquête initiée par Les entreprises du médicament (Leem), qui mesure chaque année l’attractivité de la France dans le secteur pharmaceutique, viennent d’être révélées. Elles mettent en lumière 2 réalités : à la fois des atouts de la France, qui se maintiennent en valeur absolue, mais aussi un décrochage vis-à-vis de ses voisins européens.
Ainsi, le baromètre 2026 met en évidence des éléments positifs de la France concernant l’accès des Français aux médicaments, avec une nette baisse des ruptures de stocks, de 34% entre 2024 et 2025. L’année dernière, 399 déclarations de ruptures et risques de ruptures de stock ont été effectuées, contre 609 en 2024, retrouvant ainsi le niveau de 2017. L’étude montre aussi que la France conserve sa deuxième place concernant le marché pharmaceutique en Europe, un écosystème solide et attractif pour la R&D, des investissements stables pour la production, et un bon accès global aux traitements.
Décrochage face à la concurrence
Cependant, par comparaison aux autres pays européens, la France recule dans plusieurs domaines. C’est le cas, en particulier, concernant l’accès aux innovations médicamenteuse. Ainsi, la proportion de nouveaux médicaments accessibles et remboursables se maintient à 60%. Ce qui est bien inférieur à l’Allemagne (93 %), ou encore à l’Italie (79%), l’Espagne (69%). La France se situe actuellement à la huitième place. La part des demandes d’accès précoce pour des médicaments innovants se réduit aussi chaque année. En outre, le délai d’accès atteint 520 jours en médiane pour l’ensemble des médicaments ayant obtenu une AMM entre 2021 et 2024, contre 443 en 2022. Outre-Rhin, ce délai n’est que de 56 jours. En cause, surtout, la longueur des négociations économiques et "une reconnaissance insuffisante de la valeur de l’innovation", selon le Leem.
La France perd aussi du terrain sur le plan des essais cliniques. Elle est passée de la deuxième à la quatrième place européenne sur les essais multinationaux entre 2022 et 2025. Actuellement, moins d’un essai clinique sur deux conduits en Europe inclut des patients en France, contre 64% pour l’Espagne et 53% pour L’Allemagne et le Royaume-Uni. "La capacité à initier rapidement les essais est devenue un critère déterminant d’attractivité", rappelle le Leem. La France recule aussi au cinquième rang mondial pour le nombre de brevets déposés en Europe.
Enfin, les prix des médicaments en France creusent l’écart avec la moyenne européenne. Ils étaient ainsi, en 2025, plus bas de 13% pour ceux sans concurrence générique et 17% en cas de concurrence générique. Et la baisse de prix annuelle des médicaments a atteint un niveau historique de 1,35 Md€ en 2025.
En conséquence, pour Jean-François Brochard, Président récemment élu du Leem, il faut mettre en place des actions urgentes. "Dans une compétition mondiale qui s’accélère, notre seule boussole doit être celle du progrès pour les patients. Stagner, face aux autres pays qui investissent, c’est reculer. La France doit créer sans attendre les conditions d’un sursaut", a-t-il déclaré, au cours d’une conférence de presse le 25 juin.
Le Leem se positionne dans les négociations
Face à ces défis, le Leem fait des propositions. Malgré le départ de plusieurs laboratoires, il affirme rester l’instance la plus représentative sur le plan quantitatif comme qualitatif, du secteur. Et à ce titre, il souhaite faire entendre sa voix dans cette période pré-élection présidentielle.
Il souhaite ainsi assurer un accès rapide et efficace aux nouveaux médicaments en accélérant les négociations de prix/remboursement, en levant les blocages sur les médicaments orphelins et innovants, et en consolidant les dispositifs d’accès précoce.
Le Leem propose, par ailleurs, un plan flash pour renforcer la recherche clinique. Cela comprend un dispositif fast-track national et européen, une simplification des essais la formation aux nouvelles méthodologies, et une meilleure intégration des investissements en R&D dans les prix des médicaments.
Enfin, le Leem souhaite des mesures pour "rendre le cadre économique soutenable et lisible", au premier rag desquels, la suppression de la clause de sauvegarde, et les baisses de prix "non justifiées".
"L’enjeu est de reconnaître collectivement que le médicament est une chance pour les Français, pour le système de santé, pour le dynamisme économique, et qu’il est donc crucial de valoriser ce levier clé de nos politiques publiques si l‘on veut garantir l’accès des patients à l’innovation, préserver la compétitivité industrielle et renforcer la souveraineté sanitaire de la France et de l’Europe", conclut Jean-François Brochard.
*Baromètre 360° de l’attractivité de la France pour l’industrie pharmaceutique - Edition 2026
Références :
Sources : Conférence de presse du Leem (25 juin) ; Baromètre 360° de l’attractivité de la France pour l’industrie pharmaceutique - Edition 2026
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